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Ecrans : on vous explique le nouveau dispositif de contrôle parental bientôt disponible sur tous les téléphones et tablettes

Les fabricants de smartphones, tablettes et ordinateurs devront obligatoirement équiper leurs appareils de ce dispositif. L'enjeu : mieux protéger les enfants des dangers d'internet. 

Article rédigé par franceinfo
France Télévisions
Publié Mis à jour
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Une fillette regarde un dessin animé sur un smartphone, le 15 mai 2021, à Valence (Drôme).  (NICOLAS GUYONNET / HANS LUCAS / AFP)

Vous ne comprenez rien aux différents logiciels ou applications de contrôle parental car elles sont trop complexes ? Un décret, qui doit bientôt être publié en application de la loi du député Renaissance Bruno Studer votée en mars 2022, devrait vous simplifier la vie. Il obligera les fabricants de smartphones, d'ordinateurs ou autres appareils connectés à les équiper d'un dispositif permettant un contrôle parental.

Franceinfo fait le point sur ce nouveau dispositif qui ne sera cependant pas disponible dans l'immédiat.  

Comment va fonctionner ce futur contrôle parental ? 

Selon le ministre délégué chargé de la Transition numérique, Jean-Noël Barrot, au Parisien, "l’idée est de proposer, directement dans les paramètres de chaque smartphone commercialisé en France, un dispositif simple pour contrôler le temps passé sur l’écran, mais aussi les contenus visibles ou téléchargeables sur l’internet mobile". Concrètement, les utilisateurs de téléphones Samsung, Apple ou autre appareil équipé d'un système d'exploitation Android pourront activer ce dispositif à l'allumage du téléphone ou de la tablette. 

Le système envisagé se centrera donc sur deux fonctions : le temps passé sur le téléphone et les contenus accessibles. Les parents pourront décider des plages horaires auxquelles leurs enfants ont accès à internet ainsi que des applications qu'ils peuvent télécharger. Le système PEGI, qui classifie les jeux vidéo en fonction de l'âge, doit servir de modèle. "Impossible pour un jeune de moins de 18 ans de consulter un site porno, par exemple, ou, pour un jeune de 12 ans, d’avoir accès à Snapchat ou Facebook, interdits aux moins de 13 ans selon leurs propres règles d’usage", explique Le Parisien. 

Quand pourra-t-on bénéficier de ce dispositif ?

Pas dans l'immédiat. Le 2 septembre, la secrétaire d'Etat à l'Enfance, Charlotte Caubel, et le ministre chargé de la Transition numérique, Jean-Noël Barrot, ont reçu les différents acteurs du secteur concernés par ce nouveau dispositif : les associations de protection de l'enfance, mais aussi la Fédération française des télécoms ou les représentants de commerçants. Ils ont un mois pour rendre leurs observations sur le décret, qui pourra être modifié en fonction. Ce dernier devrait être publié avant la fin de l'année, mais le décret technique qui obligera les fabricants ne devrait pas paraître avant début 2023, selon le député Bruno Studer à franceinfo. Il doit en effet passer plusieurs étapes de validation, que ce soit au Conseil d'Etat ou à la Cnil, et être notifié à la Commission européenne.

Il est peu probable que le dispositif soit téléchargeable à cette date, car les constructeurs ont besoin de temps pour adapter leurs appareils à cette nouvelle réglementation.

Ce contrôle sera-t-il suffisant pour protéger les enfants ?

Plusieurs acteurs du secteur se sont réjouis de ce nouveau dispositif. Sur Twitter, l'Union nationale des associations familiales s'est, par exemple, "félicitée que le contrôle parental systématique avance". Mais, auprès du ParisienAgnès Naudin, capitaine de police et porte-parole du syndicat Snuitam-FSU, "reste sceptique sur son fonctionnement au quotidien". "Le risque est multiple, et va au-delà de la pornographie. Il est aussi concentré sur les applis. Si l’enfant a accès à TikTok ou Snapchat, il n’est pas protégé", explique-t-elle.  

"A mon sens, il n'y a pas d'autre solution que d'interdire purement et simplement l'accès à internet aux plus jeunes, en dessous d'un âge qui resterait à définir."

Agnès Naudin, capitaine de police

au "Parisien"

"Cela n'empêche pas qu'ils possèdent un téléphone portable, mais servant uniquement à téléphoner", conclut la fonctionnaire de police. 

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