Désintox. Non, la France ne livre pas d'obus à sous-munitions à l'Ukraine

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La France livre-t-elle des obus à sous-munitions à l'Ukraine, en violation de ses engagements internationaux ? C'est ce qu'affirment plusieurs sources russes, dont le canal Telegram Rybar, suivi par plus de 500 000 personnes.

La France livre-t-elle des obus à sous-munitions à l'Ukraine, en violation de ses engagements internationaux ? C'est ce qu'affirment plusieurs sources russes, dont le canal Telegram Rybar, suivi par plus de 500 000 personnes.

Dans un message posté le 10 juin, leurs auteurs expliquent qu’après « avoir fouillé un document ukrainien à propos des obusiers CAESAR français, [ils ont] trouvé quelque chose d’extrêmement intéressant : l’utilisation de l’obus de 155 mm OGR F1 ». Or ce type d'armes, explique Rybar, « implique une rupture en l'air de la tête principale, avec la dispersion de dizaines de sous-munitions plus petites […]. À cause du risque très élevé de toucher des civils, ces obus ont été bannis par la convention d’Oslo signée par 46 États, dont la France, en 2010 ». Depuis, de nombreux relais pro-Kremlin ont repris cette information, du site Donbass Insider à la télévision d’État russe 1tv.

Le document qui serait issu d’un piratage de fichiers ukrainiens, ne prouve nullement que la France a livré de telles armes. D’après Vincent Tourret, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique : « Ces pages ressemblent plus à un simple catalogue d’équipements qu'à autre chose ».

Sollicité par Désintox, Neil Gibson, analyste en armement, est catégorique : il ne s’agit pas de projectiles à sous-munitions... mais de traditionnels obus d’artillerie. Le quai d’Orsay, de son côté, affirme que « conformément à la convention d’Oslo, la France ne dispose plus d’obus à sous-munitions. Elle a rempli ses obligations et achevé en 2016 la destruction de l’ensemble de ces armes, soit 13 000 obus ».

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