Drones : "On ne communique pas suffisamment sur les dangers qu'ils font encourir et les conséquences sur le respect des personnes"

Au lendemain du survol du fort de Brégançon par un drone, rappel des règles en vigueur : un particulier n'a pas le droit de voler au-dessus des populations ni de filmer des personnes à leur insu, rappelle sur franceinfo Edouard Guilhot, directeur associé de l’entreprise Civic Drone.

Un drone du centre de formation Azur Drones de Saint-Rémy les Chevreuses (Yvelines).
Un drone du centre de formation Azur Drones de Saint-Rémy les Chevreuses (Yvelines). (BRUNO LEVESQUE / MAXPPP)

"On ne communique pas suffisamment sur les conséquences, et pas seulement pénales, mais les conséquences logiques sur le respect des personnes et les dangers que font courir les drones aux personnes", a expliqué mardi 7 août sur franceinfo, Edouard Guilhot, directeur associé de l’entreprise Civic Drone, l'une des premières sociétés de conception et de fabrication de drones professionnels. Un drone avait survolé lundi 6 août le fort de Brégançon, la résidence d'été d'Emmanuel Macron. Une enquête a été ouverte par les autorités.

franceinfo : Pourquoi les drones rendent-ils fébriles les autorités ?

Edouard Guilhot : Parce qu'il est très facile aujourd'hui d'acheter sur Internet un système drone. Il y en a pour les particuliers, pour les professionnels, mais il n'y a pas d'attribution directe, donc un particulier peut très bien acheter un petit drone léger pour professionnel et s'en servir comme loisir. C'est très réglementé pour autant : n'importe quelle personne en France qui achète un drone doit absolument se rendre sur le site internet de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC). Il y a une page qui concerne le vol des particuliers qui est très encadré. Un particulier normalement n'a pas le droit de voler au-dessus des populations, ni en zone urbaine et n'a pas le droit de filmer des personnes à leur insu. Ca, c'est la base des dix commandements du pilote de drone qui réglementent le pilotage pour les particuliers.

Avec la nouvelle réglementation entrée en vigueur au 1er juillet, tous les drones de plus de 800 grammes doivent être immatriculés. Ça concerne beaucoup de drones de loisir ?

Oui, il y a des petits drones qui font plus de 800 grammes, parfois 1 kg ou 2 kg, et qui sont très stables et très intéressants d'utilisation pour faire de belles photos et vidéos. La réglementation était déjà en vigueur avant le 1er juillet, mais elle s'est affinée en précisant que, dorénavant, pour les professionnels, il y a un certificat de pilotage qui est propre aux drones alors qu'avant c'était un certificat pour le pilotage d'ULM qui s'appliquait. Avec la nouvelle réglementation, si vous avez un drone de plus de 800 grammes, ça implique de passer une petite formation d'une à deux heures sur Internet et de passer un QCM pour connaître les règles de base de vol d'un drone.

Que risque-t-on si on enfreint toutes ces règles ?

Il y avait, il y a trois ans, une brigade d'une trentaine de gendarmes qui filtraient ce qui se passait sur Internet et qui inspectaient les fraudeurs. Si quelqu'un fraude, il a en général une amende de plusieurs centaines d'euros, confiscation du matériel et avertissement supplémentaire parce que la peine peut être plus lourde. Mais le danger, au-delà de la peine, c'est surtout le respect des personnes, et le fait qu'un petit drone, avec la vitesse à laquelle vont les hélices, peut couper un doigt, peut faire mal, abimer un oeil... Un drone léger quand il tombe de haut, sa masse se démultiplie au sol. Aujourd'hui, il est certain, au vu du nombre de gens qui achètent des drones et qui les utilise illégalement, qu'on ne communique pas suffisamment sur les conséquences, et pas seulement pénales, mais les conséquences logiques sur le respect des personnes et les dangers qu'ils font courir aux personnes.