Ce qu'il faut savoir avant de rédiger son testament en ligne

Un site internet propose de rédiger son testament sur internet. Mais cela convient-il à tout le monde ?

Le site internet Testamento.fr, ouvert mardi 3 décembre 2013, propose aux internautes de rédiger en ligne leur testament.
Le site internet Testamento.fr, ouvert mardi 3 décembre 2013, propose aux internautes de rédiger en ligne leur testament. (CHARLIE ABAD / PHOTONONSTOP / AFP)

Avant de quitter cette terre, êtes-vous prêts à mettre vos dernières volontés dans le "cloud", ce nuage de données ? Depuis son lancement mardi 3 décembre, le site internet Testamento propose aux internautes de rédiger en ligne leur testament.

Ce nouveau service est facturé 35 euros pour un testament "express". Il grimpe jusqu'à environ 100 euros pour une version plus spécifique. Ce qui scandalise les notaires, écrit Le Figaro.fr. Si toutefois cela vous tente, francetv info vous liste les pièges à éviter. 

Ne croyez pas que tout se joue en ligne... 

Même sans internet, la rédaction d'un testament n'exige pas la présence d'un notaire. Le testament "olographe", que vous rédigez vous-même, doit répondre à trois conditions pour être valide. Elles sont listées sur le portail service-public.fr. : "l'écrire en entier à la main (il ne doit jamais être tapé à la machine, même en partie), le dater précisément (l'indication du jour, du mois, et de l'année sont indispensables), le signer."

Ainsi, une fois que vous avez réalisé votre testament via le site internet, il est indispensable d'aller au bout de votre démarche pour authentifier le document, et de prendre votre stylo : "Vous recopiez votre modèle de testament intégralement à la main (c'est obligatoire)", précise Testamento. Ensuite, il vous appartient de conserver le document (auquel cas, il est indispensable d'en informer vos proches, afin qu'il ne se perde pas) ou de le faire inscrire au Fichier central des dispositions des dernières volontés (FCDDV).

Dans ce cas, vous aurez besoin d'un "notaire partenaire" du site. Dans Le Parisien, le fondateur du site, Virgile Delporte, assure donc que son ambition n'est pas de "[concurrencer] les notaires". 

... Ni que cela vous dispense de passer chez le notaire 

Par ailleurs, il est recommandé d'inscrire son testament au FCDDV, poursuit service-public.fr. Surtout, le site note que le recours à un notaire est parfois obligatoire dans le cadre d'une succession : "En présence de biens immobiliers dans la succession, pour faire établir l'attestation de propriété immobilière, pour obtenir un acte de notoriété lorsqu'il n'a pas été possible d'obtenir un certificat d'hérédité pour prouver sa qualité d'héritier de la personne décédée, quand il y a un testament ou une donation entre époux."

Pour Laurent Mompert, porte-parole du Conseil supérieur du notariat, cité par Le Figaro.fr, "vendre cette démarche juridique comme un produit fini sur internet, laisser croire aux gens à cette simplification et à l'inutilité des conseils de l'officier public, c'est dangereux, contraire à la déontologie, inacceptable", s'est-il indigné.

Sachez estimer vos besoins

Le site ne cache pas que ses principaux clients devraient être non pas des familles recomposées ou nombreuses, avec des situations patrimoniales complexes, mais "les 30-50 ans en couple", note-t-il. Ce qui "représente déjà à lui seul un marché de 10 millions de personnes".

Les testaments types proposés par Testamento sont personnalisés à partir d'un questionnaire en ligne. Avant de se lancer, mieux vaut être certain de ne pas avoir de requêtes trop complexes. En revanche, si vous avez recours aux services du site, vous serez assuré de sa valeur juridique. Dans le cas des testaments olographes, "9 fois sur 10, il y a des omissions, des ambiguïtés ou des imprécisions sujettes à interprétation, ce qui le rend juridiquement invalide", a expliqué, au Figaro, Barbara Thomas-David, notaire à Paris.

Et pour vos données numériques ? 

Testamento propose de formuler vos dernières volontés sur internet, mais il existe un tout autre type de testament en ligne : celui de Google. L'application "Gestionnaire de compte inactif" "vous permet de demander la suppression de votre compte après qu’il a été inactif pendant une période de temps que vous précisez, entre trois mois et un an, a précisé Slate.fr en avril. 

"Cela nettoiera vos vidéos YouTube, vos posts Google +, vos fichiers Google Drive, vos e-mails, et tout le reste. Ou vous pouvez demander à ce que tout cela soit envoyé à vos proches." C'est plutôt cela, un véritable cyber-héritier.