Plateformes de locations mises en demeure : "On aide à réglementer les activités de certains propriétaires"

Frédéric Lecoq, fondateur et dirigeant de l’agence Paris Attitude, était l'invité de franceinfo, lundi, pour évoquer la mise en demeure de cinq sites internet de location par la mairie de Paris. 

Immeubles parisiens le 16 novembre 2017.
Immeubles parisiens le 16 novembre 2017. (MAXPPP)

La ville de Paris s'apprête à mettre en demeure le site Airbnb et quatre de ses concurrents (Abritel, Windu, Paris Attitude et Sejourning), comme l'a révélé lundi 11 décembre la cellule investigation de franceinfo. Les annonces de location qui n'ont pas fait l'objet d'un numéro d'enregistrement sont désormais illégales et doivent être retirées sous peine de poursuites judiciaires. Cette mesure est obligatoire depuis le 1er décembre 2017 à Paris. Mais pour Frédéric Lecoq, fondateur et dirigeant de l’agence Paris Attitude, qui propose essentiellement des locations de longue durée, affirme-t-il, cette mise en demeure passe mal

franceinfo : quelle est votre réaction après cette mise en demeure de la Ville de Paris ?

Frédéric Lecoq : Après cette mise en demeure, je suis en colère parce que Paris Attitude est mis dans le même panier que les plateformes étrangères qui sont hors-la-loi en France. Ces plateformes exercent illégalement une profession réglementée sur notre territoire et, de plus, elles pratiquent l'évasion fiscale. Ce qui n'est pas notre cas. Paris Attitude est une agence immobilière 100% française, 100% légale. Nous répondons à un vrai besoin de logements temporaires, nous proposons des locations de longue durée, des baux qui sont en moyenne de plus de cinq mois, contre quelques nuits pour des agences comme Airbnb, Abritel. Nous sommes vraiment spécialisés en logement, alors qu'eux sont plus considérés comme des plateformes qui sont étrangères et qui proposent des locations touristiques.

Sur la question des annonces qui doivent être enregistrées à la mairie de depuis le 1er décembre, respectez-vous cette nouvelle réglementation ?

Oui, c'est le cas sur notre site pour certaines de nos annonces. C'est le cas pour quelques appartements qui sont proposés pour des courtes durées. Nous travaillons avec la mairie de Paris depuis très longtemps. Depuis 2012, on rencontre les responsables de la mairie de Paris. On a rencontré les équipes de Ian Brossat à plusieurs reprises, la dernière fois c'était le 23 novembre. On les aide à réglementer les activités, les abus de certains propriétaires. On les aide à lutter contre la gentrification [embourgeoisement urbain] de Paris. C'est une volonté forte de Ian Brossat et on partage cette volonté.

Avez-vous retiré les annonces jugées illégales sur votre plateforme, qui n'ont pas le numéro d'enregistrement ?

Non pas encore, parce que nous n'avons pas encore reçu cette mise en demeure. Comme nous travaillons avec la mairie de Paris, on aurait apprécié qu'elle nous contacte directement. Les équipes de Ian Brossat ont nos numéros, nos mails. On les connaît très bien. Nous sommes favorables au numéro d'agrément car ça évitera les excès. On leur a déjà dit le 23 novembre dernier qu'on allait le mettre en place mais que ça prendrait du temps. Pour les appartements qui ne jouent pas le jeu, et qui sont les biens de propriétaires qui pratiquent ces locations de manière illégale, il faut ces numéros d'agréments, ça permettra à la mairie de Paris de mieux contrôler. Mais tous les propriétaires ne sont pas tenus d'avoir ce numéro d'agrément. Les appartements proposés en location de longue durée ne sont pas obligés d'avoir ce numéro et c'est le cas pour l'immense majorité des propriétaires de Paris Attitude. Nous ne sommes pas dans l'obligation de diffuser ce numéro pour l'ensemble de nos biens, uniquement pour les biens en résidence principale et qui sont loués pour de courte durée pour des locations touristiques.

"Nous travaillons avec la mairie de Paris depuis très longtemps" Frédéric Lecoq, fondateur et dirigeant de l’agence Paris Attitude à franceinfo.
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