Hôtel Lutétia : vente aux enchères

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Présenté parElise Lucet

Diffusé le 20/05/2014Durée : 00h45

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franceinfoFrance Télévisions

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L'hôtel Lutetia est une page d'Histoire. Il a accueilli les déportés à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Des écrivains y ont écrit des chefs-d'oeuvre, "Belle du seigneur" d'Albert Cohen, par exemple. Aujourd'hui, tout est à vendre. L'établissement ferme pendant 3 ans pour travaux. Parfois, les enchères atteignent des sommets.

20.000, 21.000, 22.000.

C'était la vedette de la soirée. Un bronze du sculpteur César estimé 20.000 euros. Les enchères grimpent.

Adjugé 30.000.

30.000 euros. Une oeuvre d'art qui fait partie des 4.700 objets en vente cette semaine. Il y en a pour tous les budgets. Les fauteuil à partir de 150 euros. Les lampes : 50 euros. Un siècle de vie à l'hôtel Lutetia, le passé est aux enchères. Les nostalgiques étaient au rendez-vous. Plus de 500 acheteurs, avec tous leur petite histoire avec l'hôtel.

J'étais venue dans cette suite, j'avais trouvé ça exceptionnel. C'était hors-norme.

J'ai garndi dans le quartier, j'étais client du bar. J'ai plein de beaux souvenirs ici.

Acheter est émouvant car le Lutetia, c'est l'histoire de Paris. Le lieu de rendez-vous des artistes. Un hôtel occupé par l'état major nazi pendant la guerre. Et l'hôtel qui accueille les déportés en 1945 au retour des camps de concentration. Cette vente est donc surtout sentimentale.

Les gens viennent chercher le fauteuil de telle chambre. C'est cet attachement au-delà de la raison.

Ainsi, tard dans la soirée, une voisine de l'hôtel part avec une simple lampe. Une lumière à 150 euros, souvenir de la grande époque du Lutetia.

Cette femme défie les années. Son talent s'affirme et l'expérience la rend toujours plus belle. Après le succès du film "Amour", on la retrouve pour la 2e fois de sa carrière dans un texte magnifique de Marguerite Duras. Voici maintenant l'invitée des Cinq Dernières Minutes. Cette invitée, c'est Emmanuelle Riva. Bonjour et merci d'être avec nous pour "Savannah Bay" mis en scène par Didier Bezace au Théâtre de l'Atelier. Vous partagez la scène avec Anne Consigny. C'est du 24 mai au 5 juillet. Ce sont des retrouvailles pour vous ? Vous avez joué Duras dans "Hiroshima, mon amour", d'Alain Resnais.

Emmanuelle Riva : Oui, je m'aperçois qu'elle me tend encore la main. J'aime beaucuop cette pièce. Le Square est une pièce magnifique aussL Quelquefois, j'avais l'impression qu'elle allait ouvrir la porte de ma loge.

Elise Lucet : Alain resnais voulait que M. Duras fasse la répétitrice.

Emmanuelle Riva : Oui elle m'avait demandé de répéter le texte. On parlé de son travail mais on ne peut pas parler de notion de travail. On parlait de tout, on était très détendus, c'était très amical. Elle était très heureuse quand elle a vu le film.

Elise Lucet: Et vous retrouvez la même densité d'écriture à plus de 50 ans d'intervalle.

Emmanuelle Riva : Complètement, ça m'est très familier et ne m'a jamais quitté. C'est une langue très particulière, presque enfantine. Elle me fait pensé à des enfants avec un très grand talent d'expression. J'éprouve quand je rentre dans son texte quelque chose de familier, naturel. Il y a le quotidien chez elle toujours, avec les temps mélanges. Ses textes sont extrêmement vivants. C'est toujorus très rafraîchissant. La petite fille ramène à la vie le personnage à la fin de la pièce.

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