13h15, France 2

VIDEO. Philippe Séguin : "Le non du gaulliste au traité de Maastricht"

En 1992, le gaulliste Philippe Séguin va faire campagne pour le non au traité de Maastricht, alors qu'une grande partie de la droite votera oui lors du référendum. Son face-à-face télévisé avec François Mitterrand, déjà malade, est resté dans les mémoires. Extrait de "13h15 le dimanche" du 1er mars.

Alors que la plus grande partie de la droite fait campagne en 1992 en faveur du oui au traité européen de Maastricht, Philippe Séguin, en gaulliste, incarnera le non avec Charles Pasqua. "Il estime que Maastricht est un pas dans une direction qui va nous faire perdre une partie de notre souveraineté", se souvient l'ancien ministre Alain Carignon.

Une quinzaine de jours avant le scrutin, Philippe Séguin porte la contradiction à François Mitterrand, président de la République et partisan du oui au traité, lors d'un face-à-face télévisé resté dans les mémoires. "L'équipe de com' de Mitterrand était plus douée que la nôtre", reconnaît son ancien collaborateur Roger Karoutchi.

Le face-à-face Mitterrand-Séguin

Le débat arbitré par le journaliste Guillaume Durand dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne cache un drame humain. Philippe Séguin aperçoit le président Mitterrand, déjà très malade, recevant des soins. Comprenant qu'il va se trouver face à un homme affaibli par la maladie, l'orateur ne porte pas le fer comme il en est capable.

Ses partisans l'ont même trouvé "déférent", au point "d'atténuer la force de l'argumentation hostile à Maastricht", selon Roger Karoutchi. Son ami Serge Moati lui demande après l'émission : "Tu dormais, ou quoi ?" Le réalisateur évoque alors la sensibilité de Philippe Séguin : "C'était simplement du respect humain pour quelqu'un qui allait mourir."

(13H15 / FRANCE 2)