Après l'expulsion d'un imam, Valls prône l'intransigeance contre les "discours de haine"

L'imam, qui prêchait dans une mosquée parisienne, a été expulsé vers la Tunisie. 

Manuel Valls, le ministre de l\'Intérieur, à Paris, le 5 octobre 2012.
Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur, à Paris, le 5 octobre 2012. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

FRANCE - "En application d'un arrêté du 8 octobre 2012, l'imam Mohamed Hammami (...) a fait l'objet, aujourd'hui 31 octobre, d'une mesure d'expulsion du territoire français". Le responsable religieux, qui prêchait dans la mosquée Omar dans le XIe arrondissement de Paris, a été éloigné vers la Tunisie, pays dont il est ressortissant, a indiqué le ministère dans un communiqué.

"Antisémitisme" et "appel au jihad"

En faisant aboutir cette initiative lancée par son prédécesseur Claude Guéant, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, s'est montré "intransigeant à l'égard de ceux qui profèrent des discours de haine" et "prônent un islam radical", selon ses termes. Selon Manuel Valls, les propos de l'imam, "marqués par l'antisémitisme, l'appel au jihad et un discours dégradant à l'égard de la femme (...) étaient inacceptables."

"Il ne peut pas y avoir de place dans la République, dans notre pays pour ces discours qui salissent l'islam de France, deuxième religion de notre pays qui a toute sa place dans notre pays", a-t-il insisté.

Crainte de la radicalisation 

Devant la presse, Manuel Valls a notamment évoqué le tueur au scooter, Mohammed Merah, ainsi que le coup de filet contre une cellule islamiste, soupçonnée d'une attaque antisémite à Sarcelles. "Je vous rappelle que sans doute dans un certain nombre de nos quartiers, plusieurs dizaines d'individus qui sont dans ce processus de radicalisation, parfois à travers un passage en prison ou à travers internet ou par la fréquentation de mosquées ou de centres religieux qui ne respectent pas nos valeurs, peuvent succomber au radicalisme et demain agir sur notre sol", a-t-il indiqué.

"Tout ça amène une situation particulièrement tendue qui nécessite une réponse très claire, très nette, de la République et de l'Etat", selon le ministre.

L'avocat de l'imam dénonce des "allégations fantaisistes"

Interrogé par Europe 1, l'avocat de Mohamed Hammadi, Me Salah Djemaï, a démandé au ministre  "d’apporter la preuve de tout ce qui est contenu dans cet arrêté d’expulsion", évoquant des "allégations fantaisistes". "C’est une affaire inventée de toutes pièces, c’est bidon, a-t-il protesté. Mon client est un homme qui est ici depuis près de soixante ans, donc je dirais que M. Hammami est plus Français que M. Valls !", a-t-il ajouté au micro de la radio.