Un an après avoir lancé son plan de soutien à l'investissement de 26 milliards d'euros, Nicolas Sarkozy se dit satisfait

Malgré la persistance du chômage, le chef de l'Etat est venu dire, mardi à la Seyne-sur-Mer, qu'il "n'a pas fait d'erreur et que "la France s'en sort mieux que les autres".A ceux à gauche qui l'accusent de creuser les déficits, il rétorque : "Ce sont les mêmes qui hurlent contre les déficits qui, hier, voulaient doubler le plan de relance".

Le chef de l\'Etat, mardi 1er décembre, en visite à la Seine-sur-Mer, dans le Var.
Le chef de l'Etat, mardi 1er décembre, en visite à la Seine-sur-Mer, dans le Var. (F2)

Malgré la persistance du chômage, le chef de l'Etat est venu dire, mardi à la Seyne-sur-Mer, qu'il "n'a pas fait d'erreur et que "la France s'en sort mieux que les autres".

A ceux à gauche qui l'accusent de creuser les déficits, il rétorque : "Ce sont les mêmes qui hurlent contre les déficits qui, hier, voulaient doubler le plan de relance".

"L'activité en France a reculé moins qu'ailleurs et elle s'est remise à croître dès le deuxième trimestre de cette année. Nous avons moins détruit d'emplois et notre chômage a moins augmenté", relève le chef de l'Etat en pointant les "ravages" de la crise aux Etats-Unis, la "déflation" au Japon et "l'effondrement" en Espagne ou Grande-Bretagne.

Dans son discours consacré au plan de relance du gouvernement, il a aussi lancé que "La France aura la plus petite récession des pays européens".

Le produit intérieur brut de la France reculera de 2% ou 2,1% cette année, a déclaré le chef de l'Etat. La prévision de croissance du gouvernement est actuellement de -2,25% et la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a évoqué la semaine dernière un repli de 2,2%.

La plupart des grands partenaires européens de la France (Allemagne, Italie, Royaume-Uni, Pays-Bas) subiront en 2009 une chute de leur PIB de plus de 4%, selon les dernières prévisions de la Commission européenne. La récession serait en moyenne de 4,0% dans la zone euro.

Pour une réforme monétaire
A la Seyne-sur-Mer, Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois déploré la faiblesse du dollar par rapport à l'euro et répété sa volonté de transformer le système monétaire international en un système "multimonétaire", il a cité cette réforme du système monétaire parmi les "grands chantiers" qu'il envisage de mener lorsque la France prendra la tête du G20 en 2011.

"Je me reconnais comme un ami des Américains mais enfin on ne peut pas ontinuer comme ça avec un euro qui a augmenté de 50% de sa valeur par rapport au dollar (...) comment voulez-vous qu'on aille vendre des avions aux Etats-Unis ?", s'est exclamé M. Sarkozy.

"Au lendemain de la Deuxième guerre mondiale, il n'y avait qu'une seule grande puissance, les Etats-Unis. Il était normal qu'il n'y ait qu'une grande monnaie. Aujourd'hui, le monde est multipolaire. Le système doit être multimonétaire. On ne peut être soumis au diktat d'une seule monnaie dans le monde tel qu'il est", a-t-il insisté.

La nomination du Français Michel Barnier comme commissaire européen au Marché intérieur doit permettre de promouvoir un modèle financier européen par opposition au modèle anglo-saxon, a encore déclaré Nicolas Sarkozy.

La nomination de Michel Barnier, qui sera également chargé des services financiers, "ça prouve qu'en Europe on a pris les conséquences de la crise", a dit également le chef de l'Etat dans le Var.

La Seyne-sur-Mer, déplacement stratégique
Ce nouveau déplacement du chef de l'Etat à la Seyne-sur-Mer fait partie d'une stratégie pleinement assumée, d'occuper le terrain. Objectif: tenter de reprendre une, deux voire trois régions à la gauche qui les détient toutes, à l'exception de l'Alsace et la Corse.

Après avoir donné le coup d'envoi de la campagne régionale samedi, devant les cadres de l'UMP, en mettant en avant "l'oeuvre gigantesque de modernisation de la France" menée par son gouvernement, Nicolas Sarkozy a tenu a vanter mardi les effets positifs des mesures de soutien à l'économie prises depuis un an face à la crise financière internationale.

Il était accompagné par la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, le ministre chargé de la mise en oeuvre du plan de Relance, Patrick Devedjian, et le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, régional de l'étape avec son collègue des anciens combattants, Hubert Falco.

Le point sur le plan de relance
Selon l'Elysée, 27,7 milliards d'euros ont ainsi été injectés à ce jour dans l'économie, soit 84% des sommes mobilisées: 7,0 milliards d'euros de crédits budgétaires ; 13,3 milliards d'euros remboursés aux entreprises au titre des mesures fiscales ; 932 millions d'euros de réduction d'impôt sur le revenu pour 5,1 millions de ménages ; 2,1 milliards d'euros investis par les entreprises publiques ; 3,8 milliards d'euros versés aux collectivités locales.

Quant aux mesures de soutien aux banques, elles ont permis affirme l'Elysée un financement bancaire de l'économie plus dynamique en France que dans le reste de la zone euro. "De septembre 2008 à septembre 2009, les encours de crédit aux ménages et aux entreprises ont crû de 1,7% en France, alors qu'ils reculaient de 0,2% en zone euro", souligne la présidence.

"Ces dispositifs ont évité que l'économie française ne connaisse une récession bien plus sévère au cours de l'hiver 2008 et ont contribué à la reprise observée sur période récente - croissance de +0,3% au troisième trimestre 2009 après +0,3% au deuxième", ajoute-t-elle.

Chômage en hausse
Les mesures de soutien de l'emploi n'ont en revanche pas permis jusqu'ici d'enrayer la montée du chômage, même si l'Elysée relève que cette dégradation a été moins importante en France que chez ces principaux partenaires.

Le nombre de demandeurs d'emploi a ainsi encore augmenté de plus de 50.000 personnes en octobre par rapport à septembre et l'augmentation a été de 25% sur un an. Le taux de chômage au sens du Bureau international du travail a dépassé les 9% de la population active au deuxième trimestre, alors qu'il était tombé à 7,2% en avril 2008.

Les banques ont remboursé 13,45 milliards d'euros sur les fonds propres que leur avait prêtés l'Etat pour faire face à la crise financière. "Non seulement, ce plan n'a rien coûté au contribuable, mais au contraire, il a rapporté à l'Etat", fait valoir l'Elysée, une démarche pourtant contestée par la gauche qui reproche notamment au gouvernement de ne pas être entré au capital de ces établissements en échange des prêts consentis.