Syrie : Gilles Jacquier aurait été victime d'un tir rebelle

Le gouvernement a indiqué mercredi qu'il n'avait "pas confirmation" des informations du "Figaro".

Gilles Jacquier, grand reporter à France 2, le 9 avril 2002 à Naplouse (Cisjordanie).
Gilles Jacquier, grand reporter à France 2, le 9 avril 2002 à Naplouse (Cisjordanie). (ODD ANDERSEN / AFP)

La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a affirmé mercredi 18 juillet que celui-ci n'avait "pas confirmation" des informations du Figaro selon lesquelles le journaliste Gilles Jacquier aurait été tué le 11 janvier en Syrie à Homs par des tirs des forces rebelles. Cette version est partagée par plusieurs services de renseignement et de diplomatie français, ainsi que par un rapport de la Ligue arabe.

Que s'est-il passé le 11 janvier à Homs ?

Gilles Jacquier a été tué le 11 janvier dans la ville de Homs. Le journaliste, âgé de 43 ans, était parti avec un visa officiel des autorités du pays pour réaliser un reportage pour le magazine "Envoyé spécial". 

Alors qu'il interroge des commerçants dans la rue, il se fait entraîner par une manifestation spontanée. "Un premier obus est tombé sur un immeuble, témoigne à l'époque Joseph Eid, de l’AFP. Des manifestants pro-Assad nous ont suivis quand nous sommes allés vers cet immeuble." Le journaliste est mort à l'intérieur de ce bâtiment pris pour cible.

Franck Genauzeau et Arnaud Jacques - France 2

Que sait-on de plus aujourd'hui ?

"Les analyses balistiques et les renseignements recueillis sur place par nos sources juste après le drame indiquent que Jacquier a été tué d'un tir d'obus de mortier de 81 mm venu d'un quartier sunnite rebelle, déclare au Figaro une source proche du dossier au ministère de la Défense à Paris. Des analyses montrent assez précisément la source du tir. Tous les services spécialisés (DCRI et DGSE notamment) ainsi que les diplomates de l'ambassade de France à Damas sont d'accord sur cette conclusion."

Gilles Jacquier aurait donc été victime de tirs des forces anti-régime : une hypothèse déjà avancée plusieurs fois. Selon Le Figaro, quelques heures après l'attaque, le responsable d'une association des droits de l'homme aurait déclaré à propos de la mort du journaliste : c'est "une grosse ânerie" commise par les rebelles. Un rapport de la Ligue arabe dit la même chose : "Il faudrait noter que les rapports de la Mission de la Ligue arabe à Homs indiquent que le journaliste français a été tué à la suite des tirs de mortier par l’opposition". 

Ces nouvelles révélations contredisent l'hypothèse d'une manipulation du pouvoir syrien, avancée par certains journalistes sur place. "Le lendemain de la mort de Jacquier, l'Élysée penchait également pour un assassinat perpétré par le régime pour dissuader les journalistes d'enquêter sur la révolte anti-Assad", rappelle Le Figaro.