Sondages du gouvernement : Fillon "attend cette enquête avec beaucoup de tranquillité"

Une enquête préliminaire a été ouverte autour des dépenses de sondages commandés par plusieurs ministères, dont Matignon, pendant le dernier quinquennat. L'ex-Premier ministre se dit serein.

L\'ancien Premier ministre François Fillon, le 1er mars 2013 à Drulingen (Bas-Rhin).
L'ancien Premier ministre François Fillon, le 1er mars 2013 à Drulingen (Bas-Rhin). (FREDERICK FLORIN / AFP)

Ni favoritisme, ni marchés truqués. François Fillon a repoussé d'un revers de la main les soupçons entourant son gouvernement, lors du précédant quinquennat, autour de commandes de sondages. Selon Le Parisien, daté du dimanche 14 avril, une enquête préliminaire pour "favoritisme"  et "détournement de fonds publics" a été ouverte, en octobre dernier sur cette question. L'instruction, confiée à la brigade de répression de la délinquance économique, vise les sondages commandés par des membres du gouvernement de l'époque, dont François Fillon. Ils sont suspectés d’avoir recouru abusivement à des instituts de sondages et de conseils en communication.

"Aucune intervention de mon cabinet"

Invité dimanche 14 avril sur Itélé-Europe1, François Fillon a démenti toute irrégularité. : "S'agissant de Matignon, tous les sondages ont toujours été commandé par le Service d'information du gouvernement, par appels d'offre, par appel à la concurrence et sans aucune intervention de mon cabinet. J'attends cette enquête avec beaucoup de sérénité."

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A l'origine de l'enquête préliminaire, on trouve une plainte déposée l'an dernier par Anticor. L'association luttant contre la corruption s'est basée sur un rapport de la Cour des Comptes de 2011, pour pointer des dysfonctionnements dans les dépenses de communication du gouvernement. Il y a deux ans, les magistrats avaient évoqué "des règles de concurrence parfois méconnues" et des "conditions d'achat parfois contestables, voire irrègulières". La société Giacometti-Péron avait notamment été citée.

A l'époque, la Cour des Comptes n'avait pas transmis son rapport à la justice, et en 2012, la plainte d'Anticor n'avait pas été suivie d'effet. Aujourd'hui l'association se félicite de ce revirement du parquet, même si'il ne s'agit pour l'heure que d'une enquête préliminaire, pas encore d'une information judiciaire. Cette enquête intervient en parallèle d'une autre instruction visant les sondages commandés par l'Elysée entre 2007 et 2012, mettant en cause l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson, et des instituts d'opinion, dont la société Giacometti-Péron. Un dossier pour lequel une perquisition a été menée jeudi 4 avril, au domicile de Patrick Buisson.