Six syndicats ont appelé lundi à une nouvelle journée de mobilisation sur les retraites le 24 juin

CGT, CFDT, CFTC, Solidaires, Unsa et FSU l'ont annoncé après une réunion pour envisager de nouvelles actions contre la réforme des retraites, après les manifestations du 27 mai qui ont réuni entre 395.000 et un million de personnes selon les estimations.Le gouvernement doit présenter son projet de réforme dans la seconde quinzaine de juin.

François Chérèque (g) et Bernard Thibault (d) à la manifestation parisienne contre la réforme des retraites le 27 mai
François Chérèque (g) et Bernard Thibault (d) à la manifestation parisienne contre la réforme des retraites le 27 mai (AFP / Joël Saget)

CGT, CFDT, CFTC, Solidaires, Unsa et FSU l'ont annoncé après une réunion pour envisager de nouvelles actions contre la réforme des retraites, après les manifestations du 27 mai qui ont réuni entre 395.000 et un million de personnes selon les estimations.

Le gouvernement doit présenter son projet de réforme dans la seconde quinzaine de juin.

"La remise en cause de l'âge légal à 60 ans est inacceptable et injuste", a affirmé l'intersyndicale à l'issue d'une réunion à Montreuil. "Les orientations du gouvernement ignorent l'essentiel des exigences formulées par les organisations syndicales", ajoute le communiqué commun.

Les responsables de l'intersyndicale ont indiqué lors d'un point de presse qu'ils décideraient le 14 juin, à l'occasion d'une prochaine réunion, des modalités précises de la journée du 24 juin (grèves, manifestations).

Alors que les sondages montrent un fort attachement des Français à la retraite à 60 ans, la mobilisation dans la rue le 27 mars n'a pas été massive.

Le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a estimé que "la faible mobilisation vient valider la méthode du gouvernement", ajoutant que les manifestations étaient "très en retrait par rapport au grand mouvement de 2003" contre la réforme Fillon sur les retraites.

"Avec très peu de temps de réaction, je trouve que c'est une journée honorable", a estimé au contraire le numéro un de la CFDT François Chérèque. Il a souligné que cette journée d'action survenait "simplement 36 heures après l'annonce du gouvernement" du recul de l'âge légal.

Les syndicats prévoient une montée en puissance de la mobilisation. Responsable du syndicat Solidaires, Pierre Khalfa reconnaît qu'"il n'y a pas eu de saut qualitatif" en termes d'affluence aux cortèges de jeudi, un peu supérieure à la précédente journée du 23 mars. "On est dans un processus de montée lente de la mobilisation. Mais il y a une montée."

"Le véritable moment d'affrontement aura lieu en septembre", estime Pierre Khalfa. "Il faut créer les conditions pour peser en septembre", renchérit Eric Aubin, proche de Bernard Thibault.

Le ministre du Travail Eric Woerth a indiqué la semaine dernière que le gouvernement avait l'intention de reporter l'âge de départ légal à la retraite au-delà de 60 ans, sans préciser de combien. "62, 63, 61, nous verrons tout cela", a-t-il répété samedi sur RTL. L'âge auquel il est actuellement possible de bénéficier automatiquement d'une pension à taux plein (65 ans) serait lui aussi relevé.

Le ministre du Travail aussi indiqué dimanche qu'il réfléchissait à une application individuelle des futures règles sur la pénibilité.

Eric Woerth devrait dévoiler son projet de loi vers le 20 juin et le présenter en juillet au conseil des ministres pour qu'il soit examiné en septembre au Parlement.