Sernam : deux dirigeants seraient séquestrés

Des employés du transporteur en redressement judiciaire retiennent le directeur et le directeur des ressources humaines pour protester contre leur futur licenciement.

Le transporteur Sernam est en redressement judiciaire. L\'avenir de ses 1 600 employés est menacé.
Le transporteur Sernam est en redressement judiciaire. L'avenir de ses 1 600 employés est menacé. (FREDERICK FLORIN / AFP)

C'est un geste de désespoir. Des employés du transporteur Sernam, en redressement judiciaire, séquestrent depuis mercredi 21 mars le directeur et le directeur des ressources humaines de la plate-forme de Miramas, dans les Bouches-du-Rhône. L'un des employés a expliqué à l'Agence-France Presse que les deux dirigeants sont "retenus depuis mercredi 14h00, sans violence". Mais ni la la préfecture ni la police ne sont jeudi matin en mesure de confirmer l'information.

"Nous sommes 48 employés sur le site, sans compter les intérimaires et les sous-traitants, et nous allons tous perdre tous nos emplois. Personne nous écoute, cette action est un appel au secours, un baroud d'honneur", ajoute l'employé. Il précise qu'"une décision doit être prise jeudi matin quant à la poursuite de l'action" et que l'action a été initiée sans l'appui des syndicats.

Une société au pied du mur

La commission européenne a décidé d'imposer à l'Etat français de récupérer 642 millions d'euros d'aides illégales versées au Sernam avant et au moment de la privatisation de l'entreprise (en 2005), une décision contre laquelle la France devrait déposer un recours "dans les prochains jours". Cette décision des autorités de Bruxelles compromet grandement l'avenir de Sernam et de ses 1 600 salariés en faisant peser le risque, pour un éventuel repreneur, d'avoir à payer la facture.

Une seule entité a déposé une offre de presse partielle de Sernam : Géodis, une filiale de la SNCF. Mais, selon l'employé, "elle ne veut reprendre aucun des salariés de Miramas".

Une autre offre émane du tandem BMV/Geodis-Calberson, deux entreprises parmi les multiples filiales ou partenaires de Geodis. Elle propose "le maintien de 826 emplois sur les 1 600 actuels, un chiffre insuffisant selon les syndicats.