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Vidéo Comme Paul, des milliers d'enfants handicapés sont privés de rentrée

Publié Mis à jour
Durée de la vidéo : 2 min.
MARYLINE BARATE ET ROMAIN LIBOZ - FRANCE 3
Article rédigé par
France Télévisions

Faute de places en établissements spécialisés, ce garçon de 12 ans et demi souffrant d'un retard psychomoteur doit rester à la maison. Une situation difficile pour ses parents.

Cette année encore, des milliers d'enfants handicapés ont été privés de rentrée, notamment faute de places en établissements spécialisés. Ils doivent donc rester à la maison : une situation lourde à gérer pour leurs familles. C'est le cas de Paul Mouchon, 12 ans et demi. Ce garçon est atteint de cytopathie mitochondriale, une maladie génétique qui entraîne un retard psychomoteur. Depuis avril, il est "sans solution" éducative, explique sa mère, Valérie Briffaut.

Paul "a réclamé l'école plusieurs fois cet été"

En maternelle et en primaire, il était scolarisé en milieu ordinaire, avec l'aide d'une auxiliaire de vie scolaire (AVS), puis en classe spécialisée. Mais son handicap a été jugé trop lourd pour le collège, et il a été orienté vers un Institut médico-éducatif (IME) de Dijon (Côte-d'Or). Il y avait fait sa rentrée l'année dernière. "Ça s'est très mal passé. Il se faisait pousser par d'autres enfants ; on lui a cassé ses lunettes ; une fois, il s'est ouvert la tête en tombant", explique sa mère. Et Paul en est sorti.

Ses parents n'ont pas pu obtenir de dérogation pour qu'il retourne en classe spécialisée en primaire, et "les IME des départements limitrophes n'ont pas de place". Il est donc sur liste d'attente, et c'est sa mère qui s'occupe de lui à la maison. Paul "a réclamé l'école plusieurs fois cet été. Ce n'est pas facile de lui dire : 'Tu ne peux pas y retourner'".

Un phénomène "très désocialisant"

"Au moins 5 000" enfants, et même probablement "entre 10 000 et 15 000" sont "sans solution, ou avec des solutions bricolées", selon Thierry Nouvel, directeur général de l'Unapei, fédération de familles et proches de personnes handicapées mentales. "C'est un phénomène qui se reproduit chaque année. C'est extrêmement difficile à gérer pour les familles, très désocialisant pour elles et pour l'enfant, qui subit un déficit d'éducation, donc un surhandicap", déplore-t-il.

Alors que quelque 300 000 enfants et adolescents handicapés sont scolarisés, les trois quarts en milieu ordinaire, le gouvernement vient d'annoncer des mesures pour améliorer l'accompagnement par les AVS des enfants scolarisés en milieu ordinaire, et poursuit la création de places en établissements spécialisés pour enfants et adultes. 

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