Marseille : l'Etat condamné à 10 000 euros de dommages et intérêts pour son inaction contre les rodéos urbains dans les quartiers Nord

Selon l'arrêt rendu par le tribunal administratif, les mesures prises par le préfet de police sont insuffisantes, au vu de "l'ampleur persistante du phénomène".

Du rodéo sauvage à Marseille, dans les Bouches-du-Rhône. (photo d\'illustration)
Du rodéo sauvage à Marseille, dans les Bouches-du-Rhône. (photo d'illustration) (ROSSI DAVID / MAXPPP)

Le tribunal administratif de Marseille a condamné l'Etat, le 3 août, à 10 000 euros de dommages et intérêts pour ne pas avoir pris assez de mesures contre les rodéos urbains dans les quartiers Nord de la ville, affirme France Inter jeudi 20 août, confirmant une information de Marsactu. C'est une riveraine du quartier du Verduron qui avait porté plainte, après plusieurs réunions, pétitions et courriers aux autorités pour signaler les nuisances sonores et le danger dus aux passages répétés de quads et motos dans la rue.

"Les premiers signalements ont été faits en 2012, là on avait des rodéos le weekend, et de temps en temps en semaine", raconte la requérante, qui préfère taire son identité. "Il n'y a pas eu de réaction. Et puis en 2017, il y a eu une montée des rodéos, puis comme il ne se passait rien, se sentant tranquilles, ils en ont fait une activité de tous les jours."

"Il y a encore une justice qui semble fonctionner dans le pays"

Selon l'arrêt rendu par le tribunal administratif, les mesures prises par le préfet de police sont insuffisantes, au vu de "l'ampleur persistante du phénomène". Cette condamnation de l'Etat est "quand même une satisfaction parce qu'on se dit qu'il y a encore une justice qui semble fonctionner dans le pays. Mais ce n'est pas parce que l'Etat est condamné à verser de l'argent que cela va générer des interventions adaptées et efficaces qui sont notre demande initiale", indique la requérante.

Depuis 2018, les rodéos urbains sont passibles de peines allant jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende. Après le confinement, une mission a été confiée à deux députés pour réfléchir à un nouveau plan de lutte contre ces nuisances.