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Professions de foi : ce que les candidats ont changé entre les deux tours

Publiées mercredi, les nouvelles professions de foi de François Hollande et Nicolas Sarkozy atterriront dans la boîte aux lettres de millions de Français. Et elles ne ressemblent plus vraiment à celles du premier tour. FTVi vous dit ce qui a changé.

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France Télévisions
Publié Mis à jour
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Affiches de campagne de Nicolas Sarkozy et François Hollande, qui font la couverture de leurs professions de foi. (FTVI)

Deux messages, deux styles. Quelques jours avant le second tour de l'élection présidentielle, dimanche 6 mai, les Français recevront par courrier les professions de foi de François Hollande et Nicolas Sarkozy. Les deux candidats avaient déjà envoyé une première missive il y a quelques semaines, mais les documents ont été retravaillés pour l'occasion. Ton, arguments, iconographie : voici ce qui a changé entre les deux tours.

• François Hollande : plus personnelle, moins détaillée

Au premier tour, la profession de foi de François Hollande parlait de "redressement" et de "justice" (PDF) ; elle mentionne désormais "rassemblement" et "changement" (PDF), deux mots qui ont rythmé sa campagne. Le ton est également plus grave. L'expression "mes chers concitoyens", absente au premier tour, fait son apparition, comme un appel solennel aux Français. Le candidat socialiste n'hésite pas à rappeler que les électeurs l'ont "placé en tête des suffrages : cette confiance m'honore et m'oblige".

Les chiffres précis, martelés au premier tour, cèdent la place à un certain lyrisme. "J'ai la passion de la France""L'humain doit inspirer tous nos choix". "Contre la fatalité, choisissons la France". Dans cette seconde profession de foi, François Hollande rappelle seulement les grandes lignes de son programme, sans entrer dans le détail. Il laisse carrément de côté les questions de société ; évoque la mondialisation, mais délaisse l'adoption par des couples homosexuels à laquelle il est favorable ; aborde la "laïcité respectée", mais plus le droit de vote des étrangers hors Union européenne aux élections locales.

Pour "rassembler" le plus d'électeurs possible, le candidat socialiste parle ouvertement "des forces de gauche et des écologistes, dont la mobilisation est indispensable". En revanche, les logos du Parti socialiste, du Parti radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen ainsi que du Mouvement unitaire progressiste ont disparu. François Hollande a signé cette deuxième lettre à la main, comme la première, et le portrait du candidat n'a pas changé, à l'instar de la profession de foi de Nicolas Sarkozy.

• Nicolas Sarkozy : plus offensive, moins rassembleuse

Pour le second tour, le président sortant a plus amplement remodelé sa lettre. Finis les paragraphes thématiques, le document prend la forme épistolaire. "Aujourd'hui, vous devez comparer mon projet à celui du parti socialiste", écrit-il en gras (PDF). Le "je" s'impose, tout comme le ton, plus pressant. "Vous avez un choix historique à faire", commence-t-il, avant de répéter en anaphore à la fin du document : "Faites le choix de l'effort", "de la protection", "de la France forte", etc. 

Cette seconde profession de foi s'articule autour de quatre thèmes, au centre de son programme : travail, immigration, autorité, sécurité. Nicolas Sarkozy s'en prend à plusieurs reprises au candidat socialiste, sans le nommer. "Ces deux projets sont radicalement opposés. Je (ne fais pas) le choix de l'assistanat, de la dette, de l'égalitarisme et du communautarisme". L'expression "nos mode de vie" est abandonné, mais la formule "je n'ai jamais cédé à la rue" fait son apparition, tout comme la référence à la Turquie. Pour le candidat UMP, elle "n'a pas vocation à entrer dans l'Union européenne"

Dans cette seconde missive, et contrairement à Hollande, Sarkozy appuie sur les thèmes de société. Il redit son opposition à l'euthanasie, à la dépénalisation du cannabis, au mariage homosexuel. Le thème de la famille remplace l'allusion aux "femmes seules" et plus généralement aux "faibles" que "la France forte doit protéger". Le président candidat conclut sa lettre "à la main", comme celle envoyée au premier tour, mais l'orientation du message a changé. Exit le "J'ai besoin de vous", souvent utilisé en meeting. Désormais, Sarkozy "appelle tous les Français qui mettent l'amour de notre patrie au-dessus de toute considération partisane" à le "rejoindre".

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