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Pour la seconde fois en huit jours, quelque 300 salariés se sont rassemblés vendredi à Paris devant le siège de l'AP-HP

A l'appel de l'intersyndicale CGT-CFDT-CFTC-Sud-FO, ils protestent contre leurs conditions de travail et les suppressions de postes induites par le futur plan de réorganisation à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris.Présenté le 20 novembre, il comporte de 90 à 100 millions par an d'économies jusqu'en 2012: But: l'équilibre budgétaire.
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Des salariés de l'AP-HP devant le siège de l'organisation, le 18 décembre 2009 à Paris. (AFP/PIERRE VERDY)
A l'appel de l'intersyndicale CGT-CFDT-CFTC-Sud-FO, ils protestent contre leurs conditions de travail et les suppressions de postes induites par le futur plan de réorganisation à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris.

Présenté le 20 novembre, il comporte de 90 à 100 millions par an d'économies jusqu'en 2012: But: l'équilibre budgétaire.

Cela représente "globalement l'équivalent de 1.000 emplois non renouvelés sur plus de 20.000 départs naturels au cours de la même période", selon le plan. Les 37 hôpitaux et 676 services cliniques de l'AP-HP, qui emploie 90.000 salariés, doivent à terme se réorganiser autour "de 12 nouveaux groupes hospitaliers" pour plus d'efficacité, selon la direction.

Heures sup', fatigue accumulée, épuisement...
"Nous sommes obligés de nous autoremplacer, les heures supplémentaires non rémunérées s'accumulent, c'est sans fin, il n'y a aucune marge de manoeuvre, le personnel est épuisé, l'administration tire sur la corde", a résumé Christophe Prud'homme, médecin urgentiste au Samu 93, syndiqué CGT et président de l'association des médecins urgentistes.

"Il y a chez nous un seul aide-soignant pour 30 malades âgés dont certains ne peuvent manger seuls. L'AP-HP , autrefois fleuron de la médecine française, devient n'importe quoi, et je tremble à l'idée d'être un jour hospitalisé", a expliqué Philippe Soupirot, responsable CFDT de l'hôpital gériatrique Charles Foix d'Ivry-sur-Seine, dans le Val de Marne. "Le projet de réorganisation en 'groupes' va nous rattacher à Pitié-Salpêtrière qui, lui, fait beaucoup d'opérations. Nous allons servir de 'réservoir de main d'oeuvre'" a-t-il ajouté.

Bertrand Delanoë se dit indigné
Le maire PS de Paris, Bertrand Delanoë, a exprimé le 16 décembre son "indignation" devant les menaces "qui s'accumulent sur l'avenir de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris": "Les suppressions annoncées de postes de personnels soignants, 1.000 par an à partir de 2010, obéissent à une mécanique comptable, ignorante des réalités de la vie de ces personnels et des attentes légitimes des patients".

Il "salue le courage des 900 responsables médicaux de l'AP-HP qui menacent aujourd'hui de démissionner de leurs fonctions administratives. Ils tirent une sonnette d'alarme nécessaire sur la dégradation du service public de l'hôpital qui est, pour tous les Français, un bien commun inestimable", a ajouté le maire, "mobilisé à leurs côtés".

Des médecins menacent de démissionner
Alors que des salariés de plusieurs hôpitaux, comme Besançon, Rouen ou Strasbourg, ont également manifesté ces derniers mois pour le maintien de l'emploi, à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, des centaines de médecins occupant des postes de responsabilité menacent de démissionner si le projet de réorganisation de la direction n'est pas revu. Près de 300 d'entre eux ont réitéré le 15 décembre en assemblée générale leur rejet d'un projet de suppression de milliers d'emplois dans les prochaines années.

Les suppressions d'emplois dans des hôpitaux emblématiques, comme ceux de Paris, sont de plus en plus contestées, y compris par des "mandarins" favorables aux restructurations, mais qui redoutent la recherche à tout prix d'une "rentabilité" qui nuirait à la qualité des soins.

Bien qu'un accord limitant à 51 la réduction du nombre de médecins en 2010 semble esquissé avec la direction, les praticiens s'opposent à la suppression envisagée d'un millier de postes de non médecins.

Les cliniques privées y gagneraient
Les participants ont souligné les risques de voir l'hôpital réduire ses activités au fur et à mesure des réductions de postes, au détriment des soins aux plus pauvres. Pour plusieurs d'entre eux, cette réduction de l'offre des soins dans le public pourrait être compensée par une augmentation de celle des cliniques privées à des prix parfois inaccessibles aux plus défavorisés.

Pour le ministre du Budget, Eric Woerth, l'hôpital "peut encore améliorer ses performances dans l'intérêt des malades". "Pour le même nombre de passages aux urgences, il faut à certains hôpitaux cinq fois plus d'infirmières et d'aides soignantes qu'à d'autres", a-t-il déclaré au Quotidien du Médecin. Selon lui, la loi Hôpital, patients, santé, territoires, votée en juin par le Parlement, "va nous permettre de moderniser la gestion de l'hôpital en favorisant les regroupements d'établissements et en rendant plus efficace la gouvernance des hôpitaux".

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