Pour Aubry, "Sarkozy commence sa campagne au ras des pâquerettes"

Dans une interview au "Parisien", la première secrétaire du Parti socialiste présente Sarkozy comme le candidat "des privilégiés". Elle dénonce les "contre-vérités" de l'actuel Président et "l'affaiblissement" du pays.

La première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, sur le plateau du Grand Journal de Canal+ le 23 janvier 2012.
La première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, sur le plateau du Grand Journal de Canal+ le 23 janvier 2012. (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

A quelques heures du premier grand meeting de campagne de Nicolas Sarkozy, dimanche 19 février à Marseille, Le Parisien publie une interview de la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, dans laquelle elle épingle les "contre-vérités" et les "échecs" du président sortant. Morceaux choisis de cet entretien, où il est également question de la crise économique, de l'Union européenne ou encore de la polémique concernant les propos de François Hollande sur les communistes.

• Sur l'entrée en campagne de Sarkozy

"Ce qui me frappe, c'est le contraste avec notre candidat (...). Nicolas Sarkozy commence sa campagne au ras des pâquerettes. Il abuse d'abord de contre-vérités, à l'image de son slogan, 'une France forte', alors qu'il a affaibli le pays. Ensuite, il n'a pas de boussole, si ce n'est de dire "on continue comme avant" avec un tryptique : austérité, précarité et division des Français".

"Voilà maintenant qu'il s'autoproclame candidat du peuple. A qui fera-t-il croire que ce n'est pas autre chose qu'un artifice de communication pour faire oublier qu'il incarne le gouvernement des privilégiés, pour les privilégiés et par les privilégiés ? (...) Je ne le sous-estime pas. Mais les Français connaissent ses promesses non tenues et vivent les conséquences de son échec".

"Il tente d'enfiler le costume du Capitaine Courage. Mais quand les erreurs de navigation se multiplient, il vaut mieux changer de capitaine ! François Hollande, lui, donne le cap pour redresser le pays : politique industrielle, banque publique d'investissement, innovation, recherche, formation des salariés, emplois d'avenir et contrats de génération pour mettre le pied à l'étrier aux jeunes".

• Sur la crise économique

"Nicolas Sarkozy restera le président de la tripe dégradation: sociale, économique et financière".

"Tous les voyants sont au rouge : au dernier trimestre, 32 000 emplois détruits, baisse du pouvoir d'achat, déficit commercial record (...) Il ne reconnaît pas les errements de sa politique injuste qui nous a enfoncés dans la récession".

[Sur la Grèce] "L'impasse illustre parfaitement l'incohérence de politiques qui ont pour seul objectif l'austérité en oubliant un ressort essentiel : la croissance (...) François Hollande a eu raison de taper du poing sur la table pour renégocier le traité européen en préparation, en lui ajoutant une politique de croissance et d'emploi, une vraie taxe sur les transactions financières".

• Sur le Mécanisme européen de solidarité (MES)

"Nous y sommes favorables, mais nous n'acceptons pas que son application soit liée au traité de Mme Merkel et de M. Sarkozy, qui font de l'austérité l'alpha et l'oméga de toute politique. Nous refusons ce chantage. Je suis donc pour l'abstention". [Le texte sera débattu à l'Assemblée nationale mardi, ndlr]

• Sur les communistes et les propos de Hollande

"Les communistes savent très bien que nous avons du respect pour eux. François Hollande a simplement fait le constat, au détour d'une conversation, qu'il y avait moins de communistes aujourd'hui qu'en 1981".

"Notre candidat a été clair : si Jean-Luc Mélenchon se retrouve dans notre projet, il est le bienvenu".

• Sur les parrainages au Front National

[Des consignes du PS ont-elles été passées pour que certains maires donnent leurs parrainages à Marine Le Pen ? ] "C'est une fable. J'ai envoyé, très tôt, une circulaire : les parrainages des élus socialistes doivent tous aller à François Hollande. La démocratie, ce n'est pas du billard à trois bandes. On parraine le candidat que l'on voit voir à l'Elysée. Si un élu socialiste devait apporter sa signature, il s'exclurait de nos rangs".