Covid-19 en Polynésie : "La population est sous-vaccinée et porteuse de beaucoup de comorbidités", selon un médecin

"Il y a vraiment besoin de renfort" dans l'archipel, insiste sur franceinfo le médecin Didier Bondoux.

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Radio France
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Des lits et des brancards installés pour accueillir jusqu'à 48 patients dans le hall de l'hôpital Taaone de Polynésie française à Papeete, le 20 août 2021. (MIKE LEYRAL / AFP)

La Polynésie française durcit le confinement et ferme ses écoles pour 15 jours face à la flambée de l'épidémie de Covid-19 dans l'archipel, le médecin Didier Bondoux décrit samedi 21 août sur franceinfo une "situation explosive" sur place. "La population est sous-vaccinée et porteuse de beaucoup de comorbidités", les évacuations sanitaires sont compliquées sur cet archipel "étendu comme l'Europe", et il y a beaucoup de "mini-clusters potentiels" dans les familles qui "vivent à 15 ou 18 personnes dans une même maison", selon celui qui est également le président des syndicats libéraux de Polynésie.

Comment expliquez-vous cette remontée du taux d'incidence ?

franceinfo : Il y a beaucoup de causes. Ce virus variant est particulièrement contaminant et contagieux et la population est sous-vaccinée, à seulement 40% pour la première dose, et porteuse de beaucoup de comorbidités, ce qui rend la situation explosive. C'est aussi parce que nous sommes un territoire étendu comme l'Europe, avec des îles éloignées où il est très complexe d'organiser des évacuations sanitaires sur des pistes parfois non éclairées la nuit. Il y a vraiment besoin de renfort. La France a envoyé 14 personnes et la Nouvelle-Calédonie huit, mais je pense que ce sera largement insuffisant pour la suite.

L'hôpital est-il débordé ?

L'hôpital peut accueillir du monde. L'accueil administratif de l'hôpital a été transformé en grand hall pour accueillir du monde et faire de l'oxygénothérapie, mais après ce sont les mains qui vont manquer. Les salles de réveil servent de service de réanimation. Le personnel est épuisé.

La fermeture des écoles à partir de lundi est-elle une bonne décision ?

On sait que les enfants sont des vecteurs qui peuvent ramener la maladie à domicile avec des personnes âgées. Le fonctionnement familial polynésien fait que beaucoup de familles vivent dans une même maison à 15 ou 18 personnes. Donc, forcément, c'est un mini cluster potentiel. Les cas d'enfants se multipliant, ainsi que les cas d'enseignants se multipliant. C'était évident que la décision allait être prise de fermer les établissements.

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