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Nicolas Sarkozy ajuste sa position vis-à-vis du Front national

Le président canddiat a démenti avoir dit que Marine Le Pen était "compatible avec la République" et affirmé qu'il n'y aurait pas d'alliance avec le FN pour les législatives ni de ministres frontistes s'il était élu.

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France Télévisions
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Le candidat de l'UMP à la présidentielle, Nicolas Sarkozy, le 25 avril 2012 dans les locaux de France Info, à Paris. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Libération a frappé fort, mercredi 25 avril, sur le candidat Sarkozy. Affichant en une un portrait en noir et blanc du président, allusion claire aux années 1940, le journal écrit en citation "Le Pen est compatible avec la République". Le même jour, Nicolas Sarkozy a délivré plusieurs messages tempérant ses déclarations de la veille, jugées par certains trop amicales envers le Front national.

La une du quotidien a provoqué un tollé à l'UMP. Le secrétaire général du parti, Jean-François Copé, a dénoncé "la tentative grossière, malhonnête et inacceptable de désinformation" de Libération, accusé d'avoir "travesti les propos de Nicolas Sarkozy sur le FN et sur Marine Le Pen".

Acte I : Le Pen compatible avec le FN ? "Ce n'est pas ce que j'ai dit"

Interrogé sur France Info mercredi sur la citation reprise par Libération, qui peut être écoutée dans la vidéo ci-dessous, le candidat de l'UMP a affirmé : "Ce n'est pas ce que j'ai dit", avant de développer sa pensée : "A partir du moment où la République autorise Marine Le Pen à être candidate, c'est que c'est un parti démocratique sinon, on ne l'autoriserait pas à être candidat. Il faut être cohérent. (...) La République a organisé ce vote."

Acte II : pas de rapprochement avec le FN

Le candidat a continué sa mise au point à l'antenne. Il a précisé qu'aucun rapprochement n'était envisagé avec le parti de Marine Le Pen, affirmant sur France Info qu'il n'y aurait "pas d'accord" avec le FN et "pas de ministres" frontistes dans son futur gouvernement s'il était élu le 6 mai.

 

Acte III : les troupes se dispersent sur la question des législatives

Interrogé sur son vote aux législatives en cas de duel PS-FN,  Lionnel Luca, député UMP et membre de la Droite populaire, le courant droitier du parti de la majorité, a déclaré à Europe 1 qu'il ne voterait "jamais socialiste". "Et je peux vous dire que la Droite populaire ne votera jamais socialiste", a insisté le député sans indiquer s'il opterait pour le vote blanc ou pour le bulletin Front national. "Quand Chantal Jouanno dit qu'elle voterait PS en cas de duel PS-FN, cela suffit. Donc, ma réponse suffit aussi ! Le reste ne vous regarde pas."

La veille, l'ancienne ministre des Sports avait suscité la polémique en indiquant qu'elle se prononcerait en faveur du PS si l'UMP n'était pas au second tour aux législatives. Condamnant les propos de la sénatrice et les jugeant "stupides", François Fillon avait par ailleurs assuré qu'il ne voterait "bien sûr" pas pour le Front national en cas de duel PS-FN aux législatives, indique Europe 1.

Dans un entretien à l'hebdomadaire Valeurs actuelles, Lionnel Luca a confirmé qu'il n'y aurait pas d'alliance avec le FN pour les élections de juin, "ou alors, ce sera très marginal". En revanche, la Droite populaire envisage de se distinguer du reste de l'UMP par un logo qui figurerait sur les affiches de campagne des candidats de la majorité qui le souhaitent, indiquant "la vraie droite," a confirmé Lionnel Luca à Europe 1. "On ne va pas s'excuser d'être de droite, surtout maintenant. Ce n'est pas le courant humaniste qui s'est imposé dans les urnes [au premier tour de la présidentielle] que je sache", a-t-il conclu.

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