L'Assemblée rejette la motion de censure de l'UMP contre le gouvernement

Une minorité de députés ont voté en faveur de la motion de censure défendue par Jean-François Copé.

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, le 20 mars 2013 à l\'Assemblée nationale, à Paris.
Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, le 20 mars 2013 à l'Assemblée nationale, à Paris. (PIERRE ANDRIEU / AFP)

Sans surprise, les députés ont rejeté, mercredi 20 mars, la motion de censure défendue par Jean-François Copé à l'Assemblée nationale. Seuls 228 députés ont voté pour la motion, alors que la majorité requise était de 287 voix. 

Le scrutin public a eu lieu au terme d'un match oratoire de plus d'une heure entre Jean-François Copé et Jean-Marc Ayrault. Le président de l'UMP a défendu la motion de censure déposée par son parti, accusant le gouvernement de marcher "vers l'abîme". "Je sais où je vais. Je sais comment y parvenir et comment faire", lui a répondu le Premier ministre.

Morceaux choisis de cette passe d'armes.

Copé : le gouvernement marche "vers l'abîme" 

Jean-François Copé a été le premier à monter à la tribune pour défendre la motion de censure. Le patron de l'UMP a accusé Jean-Marc Ayrault "d'avoir la certitude de ceux qui, persuadés d'être dans le vrai puisqu'ils sont dans la doctrine, marchent avec détermination vers l'abîme".

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Offensif, le ton volontairement très grave, Jean-François Copé a appelé à "[refondre] notre modèle pour le rendre compétitif dans la guerre économique mondiale en cours", sous peine de "[sortir] de l'Histoire".

A la tribune, il a multiplié les références historiques, opposant entre elles des figures de la gauche. : "Soyez Blair modernisant (...) le Labour et le Royaume-Uni, soyez Pierre Mendès France, lucide et apte à rejeter les réflexes de la gauche archaïque", a-t-il martelé."Mais de grâce, ne soyez pas le Mitterrand des nationalisations et de la retraite à 60 ans. Ne soyez pas le Jospin des 35 heures et des emplois jeunes."

Le président de l'UMP a exhorté le gouvernement socialiste à "libérer les Français de l'étranglement fiscal", à "baisser drastiquement la dépense publique inutile", et  a réitéré son appel à un "moratoire sur les 35 heures".

Ayrault assume la rigueur : "Je sais où je vais"

Prenant ensuite la parole, Jean-Marc Ayrault a voulu afficher sa détermination. "Je sais où je vais. Je sais comment y parvenir et comment faire. Je sais ce que doit être la France au terme de ce quinquennat", a lancé le Premier ministre.

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Le chef du gouvernement a ouvertement assumé une politique de rigueur. "J'ai pris l'engagement de ramener les comptes à l'équilibre en 2017, parce que restaurer les finances publiques, c'est dégager des marges de manœuvre pour investir", a-t-il expliqué.

Jean-Marc Ayrault a comparé la vision de Jean-François Copé à celle des ultra-libéraux américains du Tea Party, qui plaident pour un un rôle minimal de l'Etat et abhorrent les impôts. Le Premier ministre a fustigé ce qu'il a présenté comme le modèle à géométrie variable de ses adversaires, qui citent volontiers les réussites allemandes ou américaines, les accusant "d'entraîner le pays dans une vision négative de lui-même""Mon modèle à moi, c'est la France", a clamé Jean-Marc Ayrault sous les applaudissements des siens.

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Le Premier ministre s'est engagé à "réveiller l'espoir" des Français. "Vous avez déposé le bilan de la France, nous, nous le redressons", a-t-il lancé à l'adresse de la droite.

Les observateurs, à l'instar du journaliste du Monde Thomas Wieder sur Twitter, ont noté un changement de ton du chef du gouvernement, plus affirmé qu'à son habitude.