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En défendant le nucléaire, Montebourg enflamme la gauche et la droite

Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, a décrit le nucléaire comme "une filière d'avenir", dimanche sur BFMTV. Un commentaire peu apprécié dans les rangs d'Europe Ecologie-Les Verts. 

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Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, le 1er août 2012 à l'Elysée. (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

POLITIQUE - "Pour ma part, je considère que le nucléaire est une filière d'avenir." Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a fait part de son attachement à cette énergie, sur le plateau de BFMTV, dimanche 26 août. Et si l'Allemagne a fait le choix de s'en séparer peu à peu, le ministre précise que d'autres pays européens ont choisi d'investir dans le secteur. 

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Pendant la campagne présidentielle, François Hollande avait pourtant promis de réduire la part du nucléaire dans l'énergie française. Cette déclaration a donc suscité de nombreuses réactions, à gauche comme à droite. 

Fronde chez Ecologie Ecologie-Les Verts

Les déclarations d'Arnaud Montebourg ont fait réagir dans les rangs d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV). Quand le ministre parle de "filière d'avenir", Denis Baupin, vice-président EELV de l'Assemblée nationale, préfère au contraire évoquer des "technologies dépassées". 


Noël Mamère, député-maire de Bègles (Gironde), a lui qualifié la sortie d'Arnaud Montebourg de "provocation" au micro d'Europe 1, lundi. Et il n'hésite pas à mettre en doute la réalité de l'accord signé en la matière avec le Parti socialiste. "S'il n'y a pas d'explication et s'il n'y a pas de remise en cause des déclarations de M. Montebourg, nous serons en droit, nous, écologistes, de nous interroger sur la validité des accords que nous avons passés dans cette majorité." 

Arnaud Montebourg lui a directement répondu, le même jour, au cours d'une visite à Beaune (Côte-d'Or). "Mes propos ne sont pas une provocation, ils sont dans la droite ligne de ce qu'a été le discours de campagne de François Hollande."

L'eurodéputé EELV Yannick Jadot a de son côté suggéré à Arnaud Montebourg d'étudier "correctement l'état de la filière nucléaire", au micro de France Info. 

Au PS, la prudence est de mise

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a volé au secours de son confrère. Invité sur Europe 1 lundi, il a estimé que le nucléaire est bien "une filière d'avenir, incontestablement". Mais il a également ménagé les partenaires écologistes du gouvernement et rappelé que la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) serait bien "fermée au cours de ce quinquennat, tel que cela avait été annoncé par François Hollande pendant la campagne, et en même temps en reconvertissant ce site".

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Face à la fronde dans les rangs écologistes, le porte-parole du PS David Assouline a lui préféré qualifier la déclaration d'Arnaud Montebourg de "sentiment personnel" qui n'engage pas le gouvernement. "C'est une phrase générale et donc elle ne prête à aucune conséquence concrète sur le chemin pour aller à fond vers les énergies renouvelables et baisser la part du nucléaire", a précise le sénateur socialiste sur le plateau de LCI, lundi. 

L'UMP dénonce un double discours

Dans les rangs de l'opposition, on dénonce un double discours. Nadine Morano juge la déclaration d'Arnaud Montebourg contradictoire avec les objectifs de sortie progressive du nucléaire annoncés lors de la campagne de François Hollande.

Au passage, l'ancienne ministre chargée de l'Apprentissage s'interroge sur la présence de l'écologiste Cécile Duflot au gouvernement.

Même chose chez le député-maire de Nice, Christian Estrosi. 

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