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Mme Alliot-Marie évoque la castration physique

La question de la castration physique des délinquants sexuels qui la demandent peut se poser, estime la garde des Sceaux
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Michèle Alliot-Marie (© France)
La question de la castration physique des délinquants sexuels qui la demandent peut se poser, estime la garde des SceauxLa question de la castration physique des délinquants sexuels qui la demandent peut se poser, estime la garde des Sceaux

"Je pense que cela mérite une analyse et qu'aujourd'hui la question de la castration physique peut se poser et être débattue, y compris au Parlement", dit-elle dans une interview à paraître dans le Figaro Magazine.

Le chef de l'Etat est lui aussi favorable à la tenue de ce débat.

La castration physique est interdite en France

"Quand quelqu'un dit : 'Je sais que je suis dangereux, je ne veux pas l'être et je demande à pouvoir être libéré de mes pulsions', c'est quelque chose qui nous interpelle", ajoute Michèle Alliot-Marie.

Un pédophile récidiviste, Francis Evrard, a écrit au président Nicolas Sarkozy pour lui demander le droit de subir "une ablation des testicules par chirurgie". Pour l'instant, la castration physique est interdite en France. Elle existe cependant ailleurs, rappelle la ministre.

Elle refuse cependant de dire si une telle disposition sera introduite dans le projet de loi sur la lutte contre la récidive criminelle qu'elle prépare et qui sera soumis à l'Assemblée nationale en novembre.
"Un sujet aussi délicat mérite une réflexion approfondie, une consultation des experts", fait-elle valoir. "C'est une question qui touche à l'éthique : un ministre ne saurait y répondre seul."

Un suivi médical après la sortie de prison


En revanche, Michèle Alliot-Marie, même si elle admet que le procédé n'est efficace que pour 25% des personnes concernées confirme que le projet de loi prévoira le recours à un traitement chimique agissant sur les hormones pour réduire les pulsions des délinquants sexuels à leur sortie de prison - un traitement réversible et subordonné à l'accord de l'intéressé.

"Il faut que les auteurs d'atteintes sexuelles puissent être soumis, après la fin de l'exécution de leur peine, à une obligation de suivi médical et, notamment, à un traitement médical de leur libido", explique-t-elle. Aujourd'hui, un tel traitement n'est possible qu'en prison pendant l'exécution de la peine. La future loi permettra de l'imposer après la sortie de prison.

Un délinquant sexuel aura toujours la possibilité de refuser ce traitement mais ne pourra pas sortir de prison avant d'avoir exécuté l'intégralité de sa peine. "Après sa sortie, s'il ne se soumet pas aux mesures médicales qui sont imposées, il retournera en prison pour ne pas avoir respecté cette obligation", explique la ministre. Un médecin coordonnateur sera chargé d'informer la justice de toute interruption du traitement.

Sarkozy favorable au débat sur la castration physique


Le projet de loi interdira par ailleurs aux délinquants sexuels de résider près du lieu d'habitation de leurs victimes. Francis Evrard a adressé sa demande à Nicolas Sarkozy à quelques jours de son procès, fin octobre, pour la séquestration et le viol d'un garçonnet. Il a déjà purgé 18 ans de prison pour le viol de deux petits garçons.
Le débat sur la castration chimique, à laquelle le chef de l'Etat a apporté son soutien dans une interview publiée vendredi dernier par Le Figaro, a été relancé au début du mois par le viol et le meurtre d'une femme en forêt de Fontainebleau par un violeur récidiviste qui résidait à une centaine de mètres d'une précédente victime.

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