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Mediapart a mis lundi en ligne des extraits audio des enregistrements pirates de conversations de Liliane Bettencourt

Dans l'un de ces extraits, recueilli par le majordome de l'héritière de L'Oréal le 4 mars 2010, on entend le gestionnaire de sa fortune Patrice de Maistre la solliciter pour des chèques à l'attention de Valérie Pécresse, de Eric Woerth et de Nicolas Sarkozy."Vous savez, en ce moment, il faut qu'on ait des amis", souligne-t-il dans cet extrait.
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France Télévisions
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Liliane Bettencourt (AFP - Joel Saget)

Dans l'un de ces extraits, recueilli par le majordome de l'héritière de L'Oréal le 4 mars 2010, on entend le gestionnaire de sa fortune Patrice de Maistre la solliciter pour des chèques à l'attention de Valérie Pécresse, de Eric Woerth et de Nicolas Sarkozy.

"Vous savez, en ce moment, il faut qu'on ait des amis", souligne-t-il dans cet extrait.

"Valérie Pécresse (alors candidate aux élections régionales ndlr) c'est la ministre de la Recherche, et elle fait la campagne pour être présidente de Paris. Elle va perdre. Mais il faut que la souteniez. Et c'est des sommes très mineures, c'est des petites sommes", déclare M. de Maistre dans cet enregistrement, que l'on peut écouter sur le site internet de Mediapart.

"Le deuxième, c'est le ministre du Budget (portefeuille de M. Woerth jusqu'en mars dernier, Ndlr) Oui, c'est le ministre du Budget, il faut aussi l'aider. Et le troisième c'est Nicolas Sarkozy", ajoute-t-il.

"C'est elle qui a demandé cette somme là ?", l'interroge alors Liliane Bettencourt, 87 ans. "Non, c'est le maximum légal. Vous voyez, c'est 7.500, ce n'est pas très cher", répond son gestionnaire. Avant de préciser: "Vous savez, en ce moment, il faut qu'on ait des amis".

De Maistre confirme les trois chèques, Pécresse élude
Dans un entretien au journal "Le Monde" daté du 19 juin, Patrice de Maistre a confirmé l'existence des trois chèques, de "7.500 euros à Valérie Pécresse pour les élections régionales, 7.500 euros pour Nicolas Sarkozy, 10.000 euros pour la construction d'un auditorium", jugeant ce soutien "tout à fait légal".

Interrogée sur un soutien financier que, selon ces enregistrements, Mme Bettencourt lui aurait apporté en mars 2010 lorsqu'elle était chef de file de l'UMP pour les élections régionales en Ile-de-France, Mme Pécresse a refusé dimanche de répondre soulignant que "la loi protège l'identité du donateur".

"Madame Bettencourt donne à des partis politiques dans le cadre de la loi", sans dépasser ce plafond de 7.500 euros, a déclaré de son côté Eric Woerth, sans citer l'UMP dont il est le trésorier depuis 2003, ni évoquer la récente campagne de Mme Pécresse.

Autres révélations
Les extraits révèlent aussi ce que Mediapart qualifie d'"intervention sur ordre présidentiel de la justice dans un différend privé". Patrice de Maistre explique le 12 juin 2009 à Liliane Bettencourt que concernant son différend avec sa fille Françoise, le juge Courroye "est le noeud du truc", qu'il est "très gêné" et "a très peur de devoir prendre une décision". "Il pense qu'il y a des risques, c'est pour ça qu'il aurait préféré une expertise".

Puis, le 21 juillet, il lui annonce que le conseiller juridique de Nicolas Sarkozy à l'Eysée l'a appelé pour lui dire "que le procureur Courroye allait annoncer le 3 septembre que la demande de votre fille était irrecevable, donc classer l'affaire. Mais il ne faut le dire à personne cette fois-ci, il faut laisser les avocats travailler", ajoute Patrice de Maistre en soulignant que cette information le met "de bonne humeur".

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