Marine Le Pen fustige les "milices de gauche" après sa visite annulée à Paris-Dauphine

Plus d'une centaine d'étudiants et de militants anti-FN ont empêché mardi soir la venue la présidente du FN dans leur université. Celle-ci, "scandalisée" appelle à la dissolution des associations en question.

Plusieurs étudiants et militants anti-FN manifestent contre la venue de Marine Le Pen à l\'université Paris-Dauphine, le 6 décembre 2011.
Plusieurs étudiants et militants anti-FN manifestent contre la venue de Marine Le Pen à l'université Paris-Dauphine, le 6 décembre 2011. (JULIEN MUGUET / IP3 / MAXPPP)

"Je suis absolument scandalisée que des milices de gauche fassent la loi dans notre pays." Invitée par des étudiants de l'université Paris-Dauphine à présenter son programme économique, Marine Le Pen a visiblement peu goûté les manifestations hostiles qui ont amené à l'annulation, pour la première fois, d'un événement de sa campagne, mardi 6 décembre.

A l'appel d'associations comme l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), l'Unef (syndicat étudiant de gauche), SOS Racisme, le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) et le Mouvement des jeunes socialistes (MJS), des étudiants ont bruyamment occupé les lieux aux cris de "Marine à Dauphine, pas question" ou de "F comme fasciste et N comme nazi". 

"Est-ce que c'est l'Unef qui décide qui parle dans notre pays ?"

Interrogée par France Info, la présidente du Front national s'en est pris avec virulence aux associations à l'origine de la manifestation. "Est-ce que oui ou non une candidate à la présidentielle a le droit d’aller débattre dans notre pays ?, a-t-elle lancée avant de viser le syndicat étudiant : Est-ce que c’est l’Unef qui décide qui parle et qui ne parle pas dans notre pays ?" 

La candidate à la présidentielle a demandé la dissolution "de toutes les associations qui ont participé à ces violences (...) qui souillent la démocratie". Elle a également demandé à l'ensemble de la classe politique, et notamment à la gauche, de condamner ces actions.

Sur France Inter, le ministre de l'Education nationale Luc Chatel lui a donné raison, estimant que "pour combattre Marine Le Pen, on a intérêt à échanger avec elle, à organiser des débats".