Les pourboires, un geste en voie de disparition ?

Que ce soit au restaurant ou chez le coiffeur, les Français en laissent de moins en moins. Une enquête de France 2.

FRANCE 2

Comme tous les jours, Benjamin, cafetier, joue de sa bonne humeur et espère avoir un pourboire, mais ce n'est pas toujours gagné. Les clients avouent ne laisser que rarement des pourboires, voire jamais, comme cette jeune femme: "Quand on paie un coca 5 euros et puis qu'il faut en plus laisser un pourboire, c'est un peu cher quand même". Aujourd'hui, 16% des Français ne font plus ce geste de laisser un pourboire. Ils n'étaient que 7% en 2013.

"Le pourboire lié au mérite"

Même son de cloche chez les chauffeurs de taxi. En neuf ans, Marc Bouquet, un chauffeur de taxi rencontré par France 2, a vu le pourboire diminuer et même fondre. "Hier sur ma recette, j'ai eu 4 euros de pourboire, alors qu'avant, j'avais jusqu'à 50 euros de pourboire par jour". Ceux qui donnent encore sont les personnes d'un certain âge et les touristes. Pour ces derniers, c'est une tradition et parfois même une obligation.
Les Français invoquent le mauvais service et la crise pour expliquer leur réticence à laisser un pourboire. Le sociologue Ronan Chastellier explique que le pourboire est lié au mérite : "Aujourd'hui, donner un pourboire à un commerçant, un restaurateur ou un chauffeur de taxi, c'est lui signifier que vraiment, c'était exceptionnel".

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Une serveuse prépare un mètre de shooters dans un café de Nantes.
Une serveuse prépare un mètre de shooters dans un café de Nantes. (FRANK PERRY / AFP)