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Les neuf abattoirs paralysés ces derniers jours par les éleveurs bovins ont été débloqués jeudi 17H

Les éleveurs bovins avaient trouvé mercredi un accord avec les industriels sur une hausse des prix, sous conditions."Nous avons obtenu de 2 à 5 centimes d'euros le kilo. C'est le premier pas", a estimé Bruno Chevalier, président de la Fédération nationale bovine.
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Le blocage d'un abattoir au Mans le 8 novembre 2010 (AFP - JEAN-FRANCOIS MONIER)

Les éleveurs bovins avaient trouvé mercredi un accord avec les industriels sur une hausse des prix, sous conditions.

"Nous avons obtenu de 2 à 5 centimes d'euros le kilo. C'est le premier pas", a estimé Bruno Chevalier, président de la Fédération nationale bovine.

Les éleveurs avaient commencé après l'accord à lever les barrages qui bloquaient 9 abattoirs, en posant toutefois des conditions. Tous ne sont pas satisfaits: ils réclamaient une hausse de 60 centimes le kilo de viande.

Le kilo de viande payé 3 euros aux éleveurs
Le kilo de viande est actuellement payé 3 euros en moyenne. Dans leurs revendications, les éleveurs avaient fait valoir que ce prix était resté stable depuis 15 ans alors que le consommateur, lui, avait vu sa note s'envoler de 40%.

Si la hausse annoncée semble faible, les éleveurs considèrent eux que "5 centimes d'un coup c'est extrêmement important", a expliqué Dominique Barrau, secrétaire général du syndicat agricole FNSEA. Cette augmentation marque, selon lui, "un renversement de tendance" après des années de prix en berne pour les éleveurs, et d'absence de dialogue avec le leader du secteur, le groupe Bigard. "60 centimes, c'est l'objectif dans la durée", a-t-il ajouté.

Pour lever les barrages, les grévistes ont donc imposé deux conditions: que la hausse de 2 et 5 centimes obtenue soit répercutée sur la grille de cotation du groupe Bigard et que l'entreprise renonce à ses procédures en référé contre des éleveurs.
Depuis dimanche, 1.500 éleveurs bloquaient neuf abattoirs du groupe Bigard en France. Le groupe de Quimperlé (Finistère), fondé en 1968, est aussi omniprésent sur le marché du steak haché, via sa marque Charal.

Un médiateur
Ce bras de fer auquel, s'est joint la Confédération paysanne, d'ordinaire rivale de la FNSEA, avait forcé le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, à intervenir pour tenter de renouer le dialogue entre éleveurs, industriels et distributeurs. Il avait nommé mardi un médiateur, Loïc Gouello, inspecteur général au ministère.

Leader français de la viande bovine avec près de 50% du marché, Bigard (qui exploite la marque Charal) contrôle 75% de l'abattage de vaches laitières, déterminant les prix de la filière, selon les éleveurs.

La feuille de route du ministre

Bruno Le Maire avait dressé une "feuille de route" dont le premier point porte sur "une remontée très rapide des prix" de la viande, compte tenu de "la situation intenable" des éleveurs. Les revenus de ces derniers figurent parmi les plus bas du secteur agricole et l'envolée cet été des cours des matières premières agricoles, qui a engendré un surcoût de l'alimentation animale, n'a fait qu'empirer les choses.

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