Les expulsions de Roms en France suscitent une "certaine inquiétude" de Bruxelles

Dans un communiqué, la commissaire chargée de la Justice et des Droits fondamentaux Viviane Reding a rappelé "les règles partagées de l'UE sur la libre circulation" et "les droits des personnes appartenant à des minorités".Depuis le 28 juillet, 681 Roumains ou Bulgares ont été reconduits vers leur pays d'origine, selon le gouvernement français.

La commissaire européenne chargée de la Justice et des Droits fondamentaux (juillet 2010)
La commissaire européenne chargée de la Justice et des Droits fondamentaux (juillet 2010) (AFP / Georges Gobet)

Dans un communiqué, la commissaire chargée de la Justice et des Droits fondamentaux Viviane Reding a rappelé "les règles partagées de l'UE sur la libre circulation" et "les droits des personnes appartenant à des minorités".

Depuis le 28 juillet, 681 Roumains ou Bulgares ont été reconduits vers leur pays d'origine, selon le gouvernement français.

"J'ai suivi avec beaucoup d'attention et une certaine inquiétude l'évolution de ces derniers jours en France", affirme Viviane Reding dans son communiqué.

"D'un côté, je reconnais parfaitement que c'est de la seule responsabilité des Etats membres de l'UE de veiller à l'ordre public et à la sécurité de leurs citoyens sur leur territoire national", indique-t-elle. Mais "d'autre part, j'attends que tous les Etats membres respectent les règles partagées de l'UE sur la libre circulation, la non-discrimination et les valeurs communes de l'Union européenne, notamment le respect des droits fondamentaux, y compris les droits des personnes appartenant à des minorités", insiste-t-elle.

"Il est clair que ceux qui enfreignent la loi doivent faire face aux conséquences. Il est également clair que personne ne devrait être expulsé juste parce qu'il appartient à la communauté des Roms ", a-t-elle souligné.

C'est la première fois que Viviane Reding, qui est également vice-présidente de la Commission européenne, intervient directement sur ce sujet.

Elle a invité Paris à s'engager dans un dialogue "sur la meilleur façon de prendre nos responsabilités à l'égard des Roms", avec "tous" les Etats de l'UE. Elle critique ainsi implicitement la réunion sur l'immigration organisée le 6 septembre par le gouvernement français avec seulement une poignée de ministres européens et sans représentant de la Commission européenne.

Viviane Reding dénonce aussi implicitement les récents propos du ministre italien de l'Intérieur Roberto Maroni en fustigeant certains discours "ouvertement discriminatoires et, en partie, provocateurs".

"L'Europe n'est pas seulement un marché commun. Elle est en même temps une communauté de valeurs et droits fondamentaux. La Commission européenne y veillera", conclut-elle.