Le siège de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) a été perquisitionné lundi dans l'affaire Ben Barka

L'opposant marocain Mehdi Ben Barka a disparu le 29 octobre 1965 à Paris, lors d'une opération menée par les services marocains avec la complicité de policiers et de truands français.Le juge d'instruction Patrick Ramaël a fait saisir 23 dossiers d'époque du Sdece -Service de documentation extérieure et de contre-espionnage, devenu DGSE en 1982.

Mehdi Ben Barka à Casablanca en janvier 1959
Mehdi Ben Barka à Casablanca en janvier 1959 (AFP)

L'opposant marocain Mehdi Ben Barka a disparu le 29 octobre 1965 à Paris, lors d'une opération menée par les services marocains avec la complicité de policiers et de truands français.

Le juge d'instruction Patrick Ramaël a fait saisir 23 dossiers d'époque du Sdece -Service de documentation extérieure et de contre-espionnage, devenu DGSE en 1982.

L'affaire n'a jamais été totalement élucidée. Le corps de Ben Barka n'a jamais été découvert.

Il s'agit de la première application des nouvelles dispositions relatives à la protection du secret de la défense de la loi du 29 juillet 2009 qui a instauré une classification non seulement des documents, mais aussi des lieux les abritant, selon des sources proches du dossier.

Cette notion de "lieux protégés" avait provoqué de vifs débats à l'Assemblée nationale et fait craindre l'instauration de "zones de non-droit législatives" avant qu'un compromis ne soit trouvé.

C'est donc accompagné du président de la Commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN), Jacques Belle, comme le prévoit cette nouvelle loi, que le juge s'est présenté à la "Piscine", demandant sur place puis obtenant du ministre de la Défense, Hervé Morin, la déclassification temporaire du lieu.

Les dossiers saisis à la DGSE, dont font également état France 3 et Charlie Hebdo, ont été placés sous scellés par le président de la CCSDN. Ils comprennent chacun un ou plusieurs documents et concernent des personnes soupçonnées d'être impliquées ou d'avoir eu connaissance de l'enlèvement de Mehdi Ben Barka, selon ces sources.

L'enquête sur cet enlèvement est régulièrement source de tensions entre la France et le Maroc, la famille de la victime ne cessant de dénoncer une absence de volonté des deux pays pour faire éclater la vérité.