Le sénateur ex-UMP Gaston Flosse devant le juge

M. Flosse est convoqué vendredi devant un juge d'instruction afin d'être entendu et mis en examen pour corruption

Gaston Flosse, sénateur (ex-UMP) de Polynésie française
Gaston Flosse, sénateur (ex-UMP) de Polynésie française (© France 3)
M. Flosse est convoqué vendredi devant un juge d'instruction afin d'être entendu et mis en examen pour corruptionM. Flosse est convoqué vendredi devant un juge d'instruction afin d'être entendu et mis en examen pour corruption

La décision du Bureau du Sénat de "conditionner" la levée de l'immunité parlementaire de Gaston Flosse à une décision de mise en examen est "une décision à statuer" selon le procureur de la République. Il appartient désormais à la justice d'y répondre.

"C'est ce que nous nous employons à faire" a-t-il ajouté "et la convocation est déjà partie".

"Corruption passive et recel d'abus de biens sociaux" pendant dix ans


Mardi, le bureau du Sénat, composé de représentants des groupes politiques, a refusé à l'unanimité de statuer sur une nouvelle demande de levée de l'immunité parlementaire de M. Flosse, 78 ans, estimant que les mesures envisagées par les juges d'instruction Stelmach et Redonnet étaient "imprécises et insuffisamment motivées".

Gaston Flosse est impliqué, selon les juges d'instruction et le procureur Thurel, dans ce qui pourrait être "un pacte de corruption" existant depuis 1993 et dont les éléments, ajoutent-ils, seraient de nature à justifier une mise examen de Gaston Flosse "des chefs de corruption passive et recel d'abus de biens sociaux".

L'ancien président polynésien, proche de Jacques Chirac, est soupçonné d'avoir bénéficié pendant 10 ans pour lui-même et son parti, le Tahoera'a Huiraatira, de versements d'anciens responsables de l'Office des Postes et Télécommunications (OPT) et du groupe 2H, chargé de la publicité pour l'annuaire officiel de la Polynésie.
Selon José Thurel, qui se fonde sur des documents et des déclarations en possession de la justice, le pouvoir politique local a, entre 1993 et 2003, reçu régulièrement des "enveloppes" en provenance du groupe 2H.

Un préjudice proche du million d'euros


"Le préjudice pour l'OPT avoisine le million d'euros" indique encore le procureur de la République en Polynésie.
Cinq personnes dont Hubbert Haddad, patron du groupe 2H et Melba Ortas, secrétaire particulière de Gaston Flosse, sont en détention provisoire depuis le mois de juillet au centre pénitentiaire de Tahiti.
En juillet dernier, le Sénat avait autorisé une garde à vue de 48 heures pour M. Flosse mais rejeté les autres demandes coercitives du juge d'instruction Philippe Stelmach.