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Le procureur de Nanterre affirme qu'il ne démissionnera pas s'il est mis en examen.

Le procureur de Nanterre est convoqué en vue d'une mise en examen par la juge enquêtant sur la violation des sources de journalistes du Monde dans l'affaire Bettencourt.
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Le procureur Philippe Courroye, le 2 septembre 2010 au Tribunal de Nanterre. (FRED DUFOUR / AFP)

Le procureur de Nanterre est convoqué en vue d'une mise en examen par la juge enquêtant sur la violation des sources de journalistes du Monde dans l'affaire Bettencourt.

A la question "si vous étiez mis en examen, démissionneriez-vous de votre poste de procureur?", Philippe Courroye répond: "En aucun cas. Si je devais être mis en examen, je contesterais vigoureusement les charges retenues".

La juge d'instruction parisienne Sylvia Zimmermann, en charge d'une information judiciaire notamment pour "atteinte au secret des correspondances par personne dépositaire de l'autorité publique", tente de déterminer si le magistrat, irrité par l'annonce d'une perquisition par le quotidien, a illégalement tenté de découvrir qui informait en 2010 deux journalistes du Monde travaillant sur l'affaire Bettencourt.

"La plainte ne tient pas la route"

En demandant leurs factures téléphoniques détaillées (" fadettes"), "ce ne sont pas les journalistes qui étaient visés: nous cherchions à vérifier si des personnes acteurs de l'enquête étaient à l'origine des informations du Monde", justifie le procureur.

"En tout état de cause, la contestation de la recherche des fadettes de journalistes relève d'une éventuelle nullité de procédure, mais pas d'une infraction pénale", estime Philippe Courroye, qui vit sa situation actuelle "comme une injustice" car "sur le fond, la plainte ne tient pas la route", et "sur la forme, elle est irrecevable".

"Une volonté de me nuire"

"Il y a non seulement une volonté de me nuire, de porter atteinte à mon honneur, à mon intégrité professionnelle et personnelle, mais également de nuire à l'ensemble des membres de mon parquet", juge-t-il, ajoutant que "la malveillance est manifeste".

Refusant de dire s'il se considère comme un ami de Nicolas Sarkozy, il assure que sa proximité avec le président "n'a jamais eu aucun impact sur (ses) décisions d'action publique", notamment dans la conduite de la tentaculaire affaire Bettencourt.

Des "calomnies infondées"

Dans ce dossier, la justice tente de déterminer s'il y a eu financement politique occulte de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

Philippe Courroye affirme aussi n'avoir "jamais" reçu d'instructions pour freiner des enquêtes à Nanterre. "Ce parquet n'a jamais étouffé, n'étouffe ni n'étouffera jamais aucune affaire, je le dis solennellement", a-t-il poursuivi, dénonçant des "calomnies infondées". "Je suis très fier de la manière dont nous avons conduit cette enquête" Bettencourt, désormais dépaysée au tribunal de Bordeaux.

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