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Le ministère de la Santé promet une "nouvelle stratégie nationale" de lutte contre le suicide

Cette nouvelle stratégie sera proposée "très prochainement" aux professionnels et aux associations spécialisées, a expliqué le ministère à l'occasion des 14e Journées de prévention du suicide.10.127 personnes se sont suicidées en 2007 en France, dernier chiffre connu avant la crise financière et économique qui a éclaté en septembre 2008.
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Antenne de l'association "La porte ouverte" qui intervient dans la prévention du suicide (AFP - BERTRAND GUAY)

Cette nouvelle stratégie sera proposée "très prochainement" aux professionnels et aux associations spécialisées, a expliqué le ministère à l'occasion des 14e Journées de prévention du suicide.

10.127 personnes se sont suicidées en 2007 en France, dernier chiffre connu avant la crise financière et économique qui a éclaté en septembre 2008.

Données chiffrées
Par rapport aux années antérieures, les chiffres sont en diminution régulière depuis 1993 (12.521 cas), selon les données du centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès (CepiDC). Pour autant, "la diminution semble marquer le pas", relève l'Union nationale pour la prévention du suicide (UNPS), qui organise les Journées de prévention.

Les données 2006 et 2007 montrent un taux de suicide particulièrement élevé pour les hommes de 45 à 49 ans ainsi que pour les 50-54 ans. "Personne ne sait combien parmi ceux qui sont morts par suicide en 2008-2009 étaient au chômage", relève l'UNPS. Selon cette organisation, "on manque des données les
plus élémentaires" pour évaluer l'impact de la crise.

D'une manière générale, "les suicides sont aux trois quarts masculins. Le taux de suicide a baissé de 20 % en 25 ans, mais il a diminué trois fois moins vite que l"ensemble des morts violentes. En outre, depuis 2000, il augmente pour les 45-54 ans, notamment pour les hommes", souligne le site www.infosuicide.org.

"Pour les 25-34 ans, les suicides constituent la première cause de mortalité pour leshommes et la deuxième pour les femmes, derrière les tumeurs. Le taux de suicideaugmente avec l"âge, plus fortement pour les hommes que pour les femmes.Le nombre de suicides atteint un pic pour les 45-54 ans pour diminuer" après 55 ans.

L'UNPS réclame la création d'un Observatoire du suicide, comme il existe un Observatoire de la délinquance, Elle souligne qu'il y a chaque année "presque dix fois plus" de morts par suicide que par homicide.

Suicides au travail et en prison
Les vagues de suicides dans des grandes firmes comme France Télécom (25 suicides en près de deux ans) et Renault (au moins 5 ces dernières années) ont braqué les projecteurs ces derniers mois sur l'impact possible des conditions de travail sur les situations de détresse.

"Nous avons tout lieu de croire que le nombre de suicides aurait augmenté durant les années 2008 et 2009 [depuis le début de la crise économique et financière, NDLR], mais nous n'avons pas de chiffres", explique l'UNPS.

Autre lieu pathogène: la prison. L'an dernier, 122 personnes sous écrou se sont donné la mort, contre 115 en 2008, selon des données officielles. "On est revenu aux chiffres de 2004-2005", souligne l'Observatoire internationale des prisons (OIP). "Il est indécent qu'on puisse faire un tel constat sans remettre en cause la politique
de prévention du suicide en milieu carcéral menée aujourd'hui", ajoute l'OIP. Selon cette institution, "on se concentre sur des dispositifs visant à empêcher matériellement la personne de mettre fin à ses jours", mais "on ne tire pas toutes les conséquences d'une souffrance telle que quelqu'un envisagerait de mettre fin à ses jours".

La "nouvelle stratégie nationale" des pouvoirs publics
Le projet qui sera présenté aux professionnels et associations engagés dans la lutte contre le suicide "comprend 20 mesures déclinées en 52 actions qui s'articulent autour de 5 axes", a précisé le ministère dans un communiqué.

Il s'agit du "développement des études et de la recherche", de "l'information et la communication autour de la santé mentale et de la prévention du suicide", de "la formation des professionnels", du "développement de la prévention", et de "l'amélioration de la prise en charge des suicidants et de leur entourage".

De son côté, l'UNPS commence à mettre en place des "Espaces pour la vie". But: développer des campagnes de prévention de proximité, dans dix universités et deux foyers de jeunes travailleurs (FJT). Mais l'association souhaiterait pouvoir aller plus loin et mener des opérations de ce type, avec les pouvoirs publics, dans des lieux comme un grand site industriel, une agence du Pôle Emploi ou encore une maison d'arrêt

Dans le cadre des Journées doivent par ailleurs se tenir un colloque à Paris et une quarantaine de manifestations en région (programme sur: www.infosuicide.org).

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