Le lycéen suspecté d'avoir poignardé vendredi un camarade au Kremlin-Bicêtre a été placé en détention provisoire

Le jeune de 18 ans, mis en examen lundi pour "homicide volontaire", s'est exprimé pour la première fois devant le juge, mais ses propos n'ont pas été divulgués. Le lieu de la mise en détention n'est pas précisé pour raisons de sécurité.Collèges et lycées sont invités à faire respecter une minute de silence mardi en mémoire de la victime, Hakim.

Le lycée Darius Milhaud du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne)
Le lycée Darius Milhaud du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) (F2)

Le jeune de 18 ans, mis en examen lundi pour "homicide volontaire", s'est exprimé pour la première fois devant le juge, mais ses propos n'ont pas été divulgués. Le lieu de la mise en détention n'est pas précisé pour raisons de sécurité.

Collèges et lycées sont invités à faire respecter une minute de silence mardi en mémoire de la victime, Hakim.

Décrit comme un jeune "en rupture familiale" mais sans antécédents judiciaires, Islam, 18 ans, est accusé d'avoir tué de trois coups de couteau vendredi vers 10h40 un camarade du même âge, Hakim, dans un couloir du lycée Darius-Milhaud du Kremlin-Bicêtre. Selon le parquet de Créteil, il encourt jusqu'à trente ans de réclusion criminelle.

Le procureur de la République de Créteil Jean-Jacques Bosc a déclaré que le suspect, mis en examen lundi après-midi pour "homicide volontaire", s'était "exprimé" pour la première fois devant le juge d'instruction. "Jusque-là, il avait gardé le silence. Mais devant le juge, il s'est décidé à parler", a déclaré le magistrat sans donner davantage de précisions sur les propos du suspect, "placés sous le secret de l'instruction".

Une marche à la mémoire d'Hakim, initialement prévue lundi après-midi au Kremlin-Bicêtre, a été repoussée à vendredi après-midi, à la demande de la famille de la victime, a annoncé dimanche soir la mairie de la ville.

Arrêté dans la nuit de vendredi à samedi à Ivry-sur-Seine après 13 heures d'errance, le jeune meurtrier présumé avait été placé en garde à vue avant d'être déféré dimanche soir devant le parquet de Créteil. Pendant son interrogatoire par les enquêteurs, le jeune homme, en rupture familiale était resté prostré, et avait refusé de parler aux enquêteurs, selon une source policière.

La victime âgée de 18 ans, Hakim, a succombé à ses blessures vendredi soir à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil. Les faits se sont produits vendredi matin vers 10h30 au lycée Darius-Milhaud du Kremlin-Bicêtre, lorsqu'une dispute a éclaté entre les deux jeunes gens. L'un d'eux a sorti un couteau et poignardé l'autre au thorax à trois reprises, dans la région du coeur, selon des sources policières. Selon les premiers éléments de l'enquête, un différend futile à propos de la soeur de la victime serait à l'origine du drame.

Une minute de silence dans les lycées et collèges mardi
Le ministre de l'Education Luc Chatel a invité l'ensemble des chefs d'établissement de lycées et de collèges à faire respecter mardi une minute de silence en mémoire du jeune défunt. Face aux questions posées par ce drame sur la sécurité en milieu scolaire, le ministre a également proposé dans un communiqué d'organiser "des temps de parole pour réfléchir collectivement sur la fraternité, le respect de l'autre et la dignité de la personne humaine".

"Ce qui s'est passé hier, ce n'est pas un affrontement entre bandes, une affaire de racket, c'est une affaire absolument terrible de banalisation d'une violence quotidienne", a déclaré Luc Chatel sur i-Télé. De son côté, la ministre de la Santé et des Sports Roselyne Bachelot a évoqué "un drame d'abord de la jeunesse, et de sa violence"."Dix-huit ans est l'âge des passions. Il faut regarder cette dimension de l'inéluctable qui fait partie de la destinée humaine", a-t-elle déclaré sur Europe 1.

Une cellule psychologique a été mise en place au lycée Darius-Milhaud, où des fleurs ont été déposées devant les grilles.

En mai 2009, après l'agression au couteau d'une enseignante par un élève, le président Nicolas Sarkozy avait annoncé sa volonté de "sanctuariser" les écoles avec des mesures telles que la fouille des cartables ou l'installation de portiques de sécurité. "Il n'y a pas une réponse unique à ce type de problèmes", a déclaré Luc Chatel vendredi à des journalistes. "Les mesures que nous connaissons, comme la vidéo-protection, comme éventuellement les portiques ou des sas de sécurité, quand vous avez 1.500 élèves qui rentrent à la même heure à dix minutes près, c'est horriblement complexe à organiser", a-t-il ajouté.