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Le groupe a remporté le contrat Autolib' pour Paris et sa banlieue de mise en libre-service de voitures électriques

C'est une première mondiale à l'échelle d'une grande métropole. Bertrand Delanoë, le maire de la capitale, espère même que ce sera "une révolution efficace".Proche de la "Blue Car" présenté lors du salon de l'auto en octobre à Paris, la voiture Bolloré doit inciter les Franciliens à délaisser leur véhicule pour un modèle écolo et peu cher.
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La voiture électrique Bolloré sera inspirée de sa Blue Car (AFP - BORIS HORVAT)

C'est une première mondiale à l'échelle d'une grande métropole. Bertrand Delanoë, le maire de la capitale, espère même que ce sera "une révolution efficace".

Proche de la "Blue Car" présenté lors du salon de l'auto en octobre à Paris, la voiture Bolloré doit inciter les Franciliens à délaisser leur véhicule pour un modèle écolo et peu cher.

Bolloré a donc tiré le gros lot. Le conseil régional et les villes participantes, unis au sein du syndicat mixte Autolib', ont plébiscité son projet d'automobile écolo au détriment du consortium Avis-RATP développement-SNCF-Vinci Park et du groupement VTLIB' (Véolia transport urbain). A compter de fin 2011, des voitures électriques devraient donc sillonner l'Ile-de-France.

Depuis une quinzaine d'années, la voiture électrique en libre-service existe déjà en France. La Rochelle avait initié le mouvement en 1974 avant d'opter pour la première voiture électrique en 1995 (50 voitures et 7 stations). Lyon possède également son "Autolib" depuis 2003 (70 voitures, 22 stations). "L'autopartage" sévit à Lille depuis 2007.

3.000 voitures et une quarantaine de villes
D'une autonomie de 250km en ville et 150km au-delà, la Bolloré est dotée d'une batterie de 30kWh qui se recharge en 4 heures, mais sa vitesse est limitée à 130km/h. Bolloré a adapté son projet Blue Car pour répondre à l'appel d'offres. Véhicule pouvant accueillir jusqu'à quatre personnes, cette mini-citadine mesure 3,65m de long.

Pour satisfaire les utilisateurs, elle a été équipée d'un GPS, d'une prise USB, de carte 3G et GSM-Edge ainsi que d'un bouton d'appel d'urgence en cas de problème. La voiture sera fabriquée à Turin (Italie). Ses batteries au "lithium métal polymère" seront produites en Bretagne.

"J'espère que ce sera une révolution efficace, qui améliorera notre qualité de vie et peut être les relations entre les citadins. Si la métropole parisienne inspire d'autres métropoles mondiales c'est une ambition qu'il ne faut pas refuser", a déclaré le maire de Paris lors d'une conférence de presse. Bertrand Delanoë reconnait que c'est "un sacré défi et (qu')il ne faudra pas seulement que le véhicule soit réussi, il faudra que le service soit excellent". Dans une ville considérée comme l'une des plus embouteillées du monde, le maire espère ainsi inciter au désengorgement des voies, en espérant qu'il ne les obstrue pas davantage.

Paris ne sera pas la seule ville à profiter du service Autolib'. Au total, quelque 3.000 véhicules seront mis à disposition des utilisateurs dans la capitale et une quarantaine de villes d'Ile-de-France. L'installation des 1.060 stations dont 700 à Paris sera à la charge des communes: 50.000 euros par station pour 50 millions d'euros d'investissement total. Bolloré, de son côté, apporte 60 millions d'euros en capital et assurera les frais annuels des véhicules estimés à environ 3.000 euros (réparation, assurances, etc.)

Les abonnements coûteront 12 euros par mois et cinq euros pour la première demi-heure d'utilisation. Comme pour Vélib', un véhicule pourra être pris et déposé à deux endroits différents. Le syndicat a aussi retenu le fait que 800 agents d'accueil doivent être déployés sur le terrain pour aider les nouveaux utilisateurs. De même, 70 "espaces Autolib" doivent être implantés dans Paris et les villes adhérentes pour faciliter l'information et les abonnements.

Les Verts sceptiques
Si Annick Lepetit, présidente du syndicat Autolib', a jugé que le projet Bolloré était le plus "intéressant dans sa globalité", le son de cloche est différent du côté des Verts qui se montrent plutôt sceptiques. Ces derniers auraient préféré privilégier "l'autopartage" où l'utilisateur ramène le véhicule à son point de départ. "Si l'usager ne ramène pas la voiture on va devoir envoyer des gens pour réguler ces déplacements automobiles, ce qui n'est pas très écolo", explique Denis Baupin, adjoint au maire chargé de l'environnement. "Je suis impatient de connaître les résultats de l'étude de l'impact environnemental décidée par le Conseil de Paris."

Autre reproche du parti écologique, l'équilibre financier. Il faudrait 220.000 abonnés pour que le projet soit rentable, soit donc un véhicule pour 75 abonnés. "Dans tous les systèmes d'autopartage au monde on est dans un rapport de 1 véhicule pour 10 abonnés", conclut-il.

AUTOLIB' : MODE D'EMPLOI

L'abonnement sera possible dans l'un des "espaces Autolib'" ouvert de 8H00 à 20H00. Une préinscription sera possible sur internet, tout comme la réservation de voiture. Des sièges enfant seront également mis à disposition

Chacune des 1.060 stations, équipées d'environ 6 places en moyenne, comportera une borne interactive à écran tactile, sur laquelle l'utilisateur pourra s'identifier, choisir sa station d'arrivée et diverses options.

Les premiers travaux sur la voie publique commenceront en avril 2011. Une phase de test visera à valider le système informatique et la fiabilité des véhicules pendant l'été. L'ouverture au public est ensuite prévue au dernier semestre 2011 et le déploiement complet d'Autolib' sera achevé en mars 2012 avec les 1.060 stations.

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