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Le gouvernement avait mesuré la popularité de ses projets sur la sécurité avant publication du sondage du Figaro

Le Journal du dimanche révèle qu'un "autre sondage" avait déjà "réjoui le coeur du fidèle du président (Brice Hortefeux)".Il s'agit d'"une étude interne émanant du service d'information du gouvernement" que le ministre de l'Intérieur "avait eu entre les mains dès lundi" (soit quatre jours avant la publication du sondage Ifop du Figaro).
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Le discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy sur la sécurité (30 juillet 2010) (AFP/PHILIPPE DESMAZES)

Le Journal du dimanche révèle qu'un "autre sondage" avait déjà "réjoui le coeur du fidèle du président (Brice Hortefeux)".

Il s'agit d'"une étude interne émanant du service d'information du gouvernement" que le ministre de l'Intérieur "avait eu entre les mains dès lundi" (soit quatre jours avant la publication du sondage Ifop du Figaro).

"Le taux d'approbation était le même, mais ce qui était intéressant, c'est de voir que, plus on allait vers des catégories populaires, plus l'adhésion était massive", ajoute le journal dominical.

"Le Monde" daté de samedi fait également état d'"études confidentielles" commandées par le gouvernement sur le sujet de la sécurité, jugé essentiel pour reconquérir en 2012 des franges de la population tentées par le Front national ou l'abstention ("Comment Nicolas Sarkozy a préparé l'offensive sécuritaire").

L'Elysée a renoncé au budget, mais pas aux enquêtes d'opinion
Le chef de l'Etat passe pour être friand des sondages d'opinions. Dansson rapport sur la gestion 2008 des services de la présidence de la République, la Cour des comptes avait mis en cause en juillet 2009 l'Elysée pour avoir financé des sondages ensuite publiés dans la presse. Une allusion aux enquêtes de l'institut Opinionway relayées par Le Figaro et LCI, sondages qui servaient pour l'essentiel à valider et populariser les mesures gouvernementales sur des thèmes choisis.

L'Elysée a renoncé à son budget dédié aux sondages et recourt désormais au Service d'information du gouvernement (SIG) pour ses enquêtes d'opinion. Autre moyen de contournement expliqué par Le Canard enchaîné dans son édition du 25 novembre 2009, les crédits pour les sondages ont augmenté en 2010 ministère par ministère. "Les crédits sondages de l'Agriculture vont augmenter de 39%, ceux de l'Education nationale de 60%. Le ministère du Travail a fait encore mieux : le budget com' destiné aux "affaires sanitaires et sociales", qui avait perdu 1,24 million en 2009 au profit du SIG, regagne 1,26 million pour 2010. Et le quai d'Orsay réalise une performance similaire", selon le journal satirique (repris par politique.net).

Pas question, donc, de se priver de ces précieux baromètres pour 2012, toujours utiles comme caisse de résonnance médiatique quand ils sont favorables.

Selon Frank Louvrier, "aucun sondage n'a testé en amont" le discours de Grenoble
Le discours de Grenoble a-t-il été bâti enquêtes d'opinion à l'appui ? Dans "Le Monde" daté du samedi 7 août, le conseiller en communication de l'Elysée Franck Louvrier assure "qu'aucun sondage n'a testé en amont les propositions présidentielles". Des "enquêtes confidentielles" l'ont visiblement validé en aval, si l'on en croit le quotidien du soir et le JDD. Pour le gouvernement, les résultats du sondage Ifop/Figaro repris sur toutes les ondes vendredi, à l'usage du grand public, n'avaient rien d'une surprise.

-> Comment Nicolas Sarkozy a préparé l'offensive sécuritaire (Le Monde)
-> Sondages de l'Elysée : comment Sarkozy a réussi à cacher une augmentation des crédits "sondages" dans le budget 2010 (politique.net)

-> Discours sur le thème de la lutte contre l'insécurité, sur le site de l'Elysée

(elysee.fr)
-> Les jugements sur les mesures de lutte contre l'insécurité, sondage de l'Ifop d'août 2010 (questionnaire auto-administré en ligne). (Ifop)

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