Le difficile travail de mémoire face à la montée de l'intolérance

A presque 91 ans, Ginette Kolinka témoigne régulièrement auprès des jeunes de son passé à Auschwitz. Mais l'ancienne déportée redoute les discours d'intolérance qui se font entendre aujourd'hui.

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FRANCE 3

Les privations, les coups, les humiliations... Ginette Kolinka a connu cet enfer dans le camp de concentration d'Auschwitz, où elle fut déportée à l'âge de 19 ans. A bientôt 91 ans, la dame témoigne régulièrement dans les écoles.

Mais aujourd'hui, elle est de moins en moins convaincue de l'utilité de son travail de mémoire. "On me dit que je suis utile. Moi, j'y crois à moitié", dit-elle. Pourtant, lorsqu'elle intervient, elle est très écoutée. Mais le climat actuel l'effraie : "Les négationnistes sont là. On les a muselés pour l'instant, mais ils sont toujours là".

Beaucoup de questions autour des futures générations

Ginette Kolinka redoute ce qui se dira une fois que les derniers survivants d'Auschwitz se seront éteints. Henry Rousso, commissaire de l'exposition "Après la Shoah", se confie. Selon lui, le travail de mémoire vise aussi à "éviter que l'antisémitisme réapparaisse, ou toute autre forme de racisme". "De ce point de vue-là, on peut dire que c'est un échec relatif, pour ne pas dire absolu. Il y a énormément de questions sur la génération à venir", ajoute-t-il.

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L\'entrée du camp d\'extermination d\'Auschwitz-Birkenau, le 3 octobre 2015, en Pologne.
L'entrée du camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau, le 3 octobre 2015, en Pologne. (KEN GILLHAM / ROBERT HARDING HERITAGE / AFP)