Le corse va-t-il devenir langue "co-officielle" avec le français sur l'île de Beauté ?

Le projet a été adopté vendredi par l'Assemblée de Corse par 36 voix pour, 11 non participations et 4 absents.

L\'Assemblée de Corse, à Ajaccio (Corse-du-Sud), le 9 novembre 2012.
L'Assemblée de Corse, à Ajaccio (Corse-du-Sud), le 9 novembre 2012. (PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP)

L'Assemblée de Corse a tranché. Sur l'île de Beauté, le corse est devenu, vendredi 17 mai, langue "co-officielle" avec le français. Le projet pour la coofficialité et la revitalisation de la langue corse a été adopté par 36 voix pour, et 11 non-participations au vote, rapporte France 3 Corse, alors que l'Assemblée compte 51 sièges.

Ce dispositif prévoit l'utilisation de la langue corse dans tous les domaines de la vie publique, économique et sociale (éducation, services publics, médias).Visant à "protéger, encourager et normaliser l'usage du corse dans tous les domaines et garantir l'emploi officiel du français et du corse à parité", il prévoit aussi un vaste plan de formation, notamment des personnels de la fonction publique.

La crainte d'une discrimination

Reste que l'idée laisse perplexe. "La droite comme la gauche républicaine portée par François Tatti sont hostiles à l'idée d'obliger l'apprentissage du corse. Ils préconisent l'incitation, plutôt que la contrainte par la loi", écrit France 3 Corse.

Pour quelles raisons ? "J'ai peur que les premières victimes, ce soit les Corses" a expliqué François Tatti. En clair, le député craint une discrimination professionnelle des Corses qui ne parlent pas la langue, sur leur propre territoire.

La barrière du Conseil constitutionnel

Mais le projet risque d'être invalidée par le Conseil constitutionnel. C'est d'ailleurs pour cette raison que certains élus de gauche opposés à la réforme n'ont pas participé au vote. En effet, nombre d'entre eux n'ont pas dissimulé leur scepticisme sur la possibilité de faire entériner cette réforme par les Sages.

Sans compter que la France a récemment refusé de ratifier la charte européenne des langues minoritaires, pourtant un engagement de campagne du candidat François Hollande lors de la présidentielle.