Le conseil général du Haut-Rhin a demandé d'attendre le résultat de l'audit national sur les installations nucléaires

Le conseil général du Haut-Rhin a demandé vendredi à l'Autorité de sûreté nucléaire d'attendre le résultat de l'audit national sur les installations nucléaires pour autoriser la poursuite de l'exploitation de Fessenheim. Construite en 1977, cette centrale -située à 80 km au sud de la capitale alsacienne- est la plus vieille du parc français.

La centrale nucléaire de Fessenheim est à 1,5 km de la frontière allemande et 40 kms de la Suisse.
La centrale nucléaire de Fessenheim est à 1,5 km de la frontière allemande et 40 kms de la Suisse.

Le conseil général du Haut-Rhin a demandé vendredi à l'Autorité de sûreté nucléaire d'attendre le résultat de l'audit national sur les installations nucléaires pour autoriser la poursuite de l'exploitation de Fessenheim. Construite en 1977, cette centrale -située à 80 km au sud de la capitale alsacienne- est la plus vieille du parc français.

Dans une motion votée à l'unanimité moins une abstention, le département "demande que la remise en route de la tranche 2 (de la centrale) ne soit pas effectuée, et que l'autorisation d'exploiter la tranche 1 pour les 10 ans à venir ne soit pas délivrée, avant de connaître les conclusions de l'audit national".

Le réacteur N.2 de Fessenheim doit être mis à l'arrêt cette fin de semaine pour subir à partir de lundi sa troisième visite décennale, qui doit durer environ 200 jours.

Le réacteur N.1 a déjà subi sa troisième visite décennale entre le 17 octobre 2009 et le 24 mars 2010, et l'ASN devait décider d'autoriser la poursuite de son exploitation d'ici juin.

Mais après la catastrophe de Fukushima, le gouvernement français a ordonné un audit des installations nucléaires françaises, dont les premières conclusions devront être rendues d'ici la fin de l'année.

La décision d'un éventuel moratoire ou même d'une fermeture de la centrale relève en dernier ressort du gouvernement français, a souligné l'ASN. "Compte tenu des risques potentiels et spécifiques à la Région du Rhin Supérieur (sismiques, hydrauliques)", le conseil général "exige que soient engagées, sans délai, des négociations avec l'Allemagne et la Suisse afin de définir un calendrier d'audit des treize réacteurs existants actuellement dans le Rhin Supérieur", ajoute le texte.

Le département souhaite la création d'une commission locale d'information et de surveillance (CLIS) "trinationale où seront analysés l'état et le fonctionnement des treize réacteurs" qui aurait "compétence pour mener des expertises indépendantes".

Mise en service en 1977, la centrale dispose de deux réacteurs à eau pressurisée, d'une puissance de près de 900 mégawatts chacun. Mais les militants écologistes dénoncent les risques sismiques et d'inondation ainsi que de multiples incidents dus à sa vétusté.

Lundi, le conseil municipal de Strasbourg avait demandé, à la quasi-unanimité, la fermeture de la centrale haut-rhinoise. C'était la première fois qu'une collectivité locale alsacienne adoptait une résolution en ce sens.

La centrale EDF de Fessenheim est située sur le Rhin à 1,5 km de la frontière allemande et à une quarantaine de kilomètres de la Suisse.

Arrêt démandé

De nombreuses voix se sont élevées ces dernières semaines pour demander l'arrêt de la centrale de Fessenheim. Côté allemand la région frontalière du Bade-Wurtemberg, ainsi que les cantons suisses de Bâle-Ville et Bâle-Campagne, ont effectué des demandes en ce sens. La région française de Franche-Comté a également voté une motion réclamant la fermeture de cette centrale.

En revanche, une motion identique a été rejetée le 8 avril au Conseil régional d'Alsace.

Les antinucléaires estiment qu'elle est dangereuse en raison de sa vétusté et qu'elle est en outre construite en zone sismique. Elle est sujette, selon eux, à des inondations, étant située au bord du Rhin.

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