Le collectif "24h sans nous" a appelé à faire du 1er mars une "journée sans immigrés"

Le collectif 24h sans nous, qui se présente comme un "mouvement citoyen", convie "les immigrés, enfants d'immigrés et les citoyens conscients de l'apport de l'immigration en France" à cesser de "consommer et/ou travailler" ce jour-là.Mais aussi à arborer un ruban jaune en signe de solidarité et à participer à des rassemblements entre 12 et 14h.

Défilé pour \"la suppression du ministère de l\'Identité nationale et de l\'immigration\", le 27 février 2010 à Paris.
Défilé pour "la suppression du ministère de l'Identité nationale et de l'immigration", le 27 février 2010 à Paris. (AFP/MIGUEL MEDINA)

Le collectif 24h sans nous, qui se présente comme un "mouvement citoyen", convie "les immigrés, enfants d'immigrés et les citoyens conscients de l'apport de l'immigration en France" à cesser de "consommer et/ou travailler" ce jour-là.

Mais aussi à arborer un ruban jaune en signe de solidarité et à participer à des rassemblements entre 12 et 14h.

L'idée de ce boycott symbolique de l'économie est née d'un "ras-le-bol de la stigmatisation" des immigrés qui s'est cristallisé après la petite phrase de Brice Hortefeux à propos d'un jeune militant maghrébin à l'université d'été de l'UMP ("Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes", ndlr).

Pour Nadia Lamarkbi, une des initiatrices de "la journée sans immigrés", ce mouvement de protestation est inspiré de celui mené par les Latinos-Américains aux Etats-Unis en 2006 contre la politique d'immigration.

La date du 1er mars a été choisie parce qu'elle marque le 5e anniversaire de l'entrée en vigueur du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui instaurait une immigration "choisie" sur des critères économiques.

Le mouvement sera suivi également en Espagne, en Grèce et en Italie et, selon les organisateurs, des collectifs semblables sont "en train de se former" en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas et en Suisse.

Le collectif a le soutien de plusieurs associations comme la Cimade, France Terre d'Asile, RESF ou l'association des travailleurs portugais en France, ainsi que de quelques syndicats, comme la CFDT et la FSU. Il dit ne pas avoir pris contact avec des mouvements trop politisés, tenant à son rôle de "mouvement citoyen", apolitique, militant pour la "reconnaissance de la dignité de chacun, avec ou sans papiers".

Une manif pour la fermeture du ministère de l'Immigration
Une manifestation pour la fermeture du ministère de l 'Immigration et de l'Identité Nationale a eu lieu samedi à Paris. De 1.600 (police) à 7.000 personnes (organisateurs) ont défilé dans le cadre de la 5e semaine anti-coloniale, organisée par 85 organisations, dont les Verts, Attac, le PCF ou le Front de gauche.

Lors de la manifestation parisienne, deux banderoles ouvraient la marche: l'une réclamait la "suppression du ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale" et l'autre clamait "Sortir du colonialisme".

Patrick Farbiaz, l'un des organisateurs de la semaine anticoloniale, a déclaré à l'AFP: "On voudrait montrer qu'il y a une liaison entre le colonialisme d'hier et celui d'aujourd'hui, dans la façon de traiter les jeunes issus de l'immigration et les sans-papiers, par exemple". Et d'ajouter: "Il y a un trou noir de la mémoire sur la question coloniale, qui fait que l'on n'a pas pu régler ces questions de discrimination."

Le cortège, qui comptait également des soutiens aux communautés Tamoule et Kanake, s'est rendu à proximité du ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale, scandant "Besson, Sarkozy, il est fini le temps des colonies !" et "le colonialisme, c'est le pillage, c'est l'oppression, et la répression !"

En tête du cortège figuraient notamment Eric Coquerel et Martine Billard, du Front de gauche, et Cécile Duflot, d'Europe Ecologie.

"Il y a eu une tentative du gouvernement de lancer un débat sur l'identité nationale qui, heureusement, a fait un flop. Il reste quelque chose à faire sauter, c'est le ministère de l'Identité nationale", a lancé Eric Coquerel. "La suppression du ministère de l'Identité nationale est une priorité parce que je crois que le ministère et son titulaire, Eric Besson, font du mal à notre pays. Ils sont en train de créer un climat extrêmement pénible, et tout cela par manoeuvre politicienne, pour essayer de faire oublier les vrais sujets", a affirmé pour sa part Cécile Duflot.

Des rassemblements demandant la suppression du ministère de l'Identité nationale étaient également prévus samedi à Besançon, Strasbourg, Epinal. A Donzère, dans la Drôme, ville dirigée par le ministre de l'Immigration, Eric Besson, environ 350 personnes se sont rassemblées sans incident devant la mairie.