Le CNS s'est rassemblé à la veille du G20 afin de faire un point sur leurs attentes pour combattre efficacement le sida.

Le Conseil espère que cette taxe, si elle est appliquée, profitera au domaine de la recherche. Il espère aussi le développement d'autres financements innovants, pour "enrayer la dynamique de l'épidémie" de sida par un accès élargi au dépistage et au traitement.

La recherche nourrit l\'espoir un jour d\'éradiquer le SIDA.
La recherche nourrit l'espoir un jour d'éradiquer le SIDA. (France 3 Paris Ile-de-France)

Le Conseil espère que cette taxe, si elle est appliquée, profitera au domaine de la recherche. Il espère aussi le développement d'autres financements innovants, pour "enrayer la dynamique de l'épidémie" de sida par un accès élargi au dépistage et au traitement.

A la veille du G20, cet organe indépendant avait mis en exergue la question des financements innovants. Faute de quoi, "la lutte contre le Vih/sida sera durablement compromise", affirme cet entité consultatif indépendant.

Willy Rosenbaum, président du Conseil rappelle que l'Onu avait promis en 2005 un accès universel au traitement antirétroviral pour fin 2010. Faute d'y être parvenue, elle s'est engagée en 2011 à ce que 15 millions de personnes soient sous traitement d'ici 2015.

Selon les derniers chiffres de l' Onusida, qui portent sur l'année 2009, plus de 33 millions de personnes dans le monde vivent avec le virus, dont près de 6 millions bénéficient d'un traitement. Les personnes faiblement infectées n'en ont pas besoin, mais 10 millions de personnes éligibles au traitement ne le reçoivent pas. Or, "la mise au traitement des personnes contaminées permet la réduction très significative du risque de transmission du vih", impliquant "une baisse conséquence du nombre de nouvelles contaminations dans des délais relativement brefs", rappelle le CNS.

Les investissements diminuent depuis 2009

Il relève qu'après un accroissement "sans précédent" des revenus disponibles entre 2000 et 2008, les investissements engagés "diminuent depuis 2009". De 15,9 milliards de dollars en 2009, il faudrait qu'ils atteignent 28 à 50 milliards de dollars par an, pour parvenir aux objectifs de 2015. Outre la taxe sur les transactions financières, le CNS souligne la nécessité de mobiliser l'aide publique au développement, inférieure en France au ratio de 0,7% du RNB à l'horizon 2015 à quoi elle s'était engagée. Il prône aussi des financements innovants diversifiés, tels que taxes et partenariats public/privé.

Accumulation des brevets

Le CNS souligne en outre que la protection accrue des brevets a limité la concurrence et donc "la baisse attendue" du prix des traitements. Il juge "impératif" d'abroger les clauses présentes dans les accords bilatéraux qui limitent les dérogations permettant aux pays pauvres de bénéficier d'un accès aux médicaments. Ainsi, certaines propositions des négociations en cours entre l'Inde et l'Union européenne compliqueraient l'accès aux médicaments génériques pour les pays pauvres.