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Le chef de l'Etat s'est exprimé sur plusieurs grands dossiers d'actualité, lundi soir sur TF1

Interrogé sur la polémique liée au double salaire d'Henri Proglio, qui cumule la présidence d'EDF et la présidence non exécutive de Veolia, le chef de l'Etat a défendu ce choix.Il a fait remarquer que M. Proglio était depuis 5 ans administrateur d'EDF en même temps que président de Veolia et que cela n'avait semblé choquer personne.
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France Télévisions
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Nicolas Sarkozy sur TF1 le 25 janvier 2010

Interrogé sur la polémique liée au double salaire d'Henri Proglio, qui cumule la présidence d'EDF et la présidence non exécutive de Veolia, le chef de l'Etat a défendu ce choix.

Il a fait remarquer que M. Proglio était depuis 5 ans administrateur d'EDF en même temps que président de Veolia et que cela n'avait semblé choquer personne.

Il a ensuite assuré qu'une fois "la transition" faite de "quelques mois" chez Veolia, Henri Proglio se consacrerait "à 100% à EDF". (voir notre article ).

Le dossier des retraites
Sur le dossier des retraites, Nicolas Sarkozy s'est engagé à garantir la pérennité du système de retraites par répartition et à ne pas réduire le montant des pensions.

"La perspective d'un allongement de la durée de cotisation est une perspective sur laquelle nous travaillons. Mais il y a aussi la question de la pénibilité", a indiqué le chef de l'Etat.

Il a souligné qu'il examinerait "toutes les pistes" et il a souhaité "qu'il y ait le consensus le plus large possible".

Les Kurdes en Corse
Concernant les Kurdes débarqués en Corse vendredi dernier, il a soutenu la gestion du dossier par Eric Besson et affiché sa fermeté, assurant que la France allait "raccompagner chez eux" ceux à qui ne serait pas reconnu le droit d'asile.

"Parce que si nous ne faisons pas ça, alors les esclavagistes du monde entier et les réseaux criminels du monde entier tireront la conclusion qu'on peut faire débarquer n'importe comment des pauvres gens sur les plages de France. Le message est très clair", a-t-il expliqué.

"Le chômage va reculer"
Nicolas Sarkozy a affirmé que les Français verraient reculer le chômage dans les prochains mois. "Le chômage a doublé aux Etats-Unis, doublé en Espagne, augmenté de 60% au Royaume-Uni. Un seul pays a fait mieux que nous en la matière, c'est l'Allemagne", a-t-il souligné.

"Nous, on a quand même pris 450.000 chômeurs en plus" mais "c'est en train de se retourner", a-t-il affirmé. "Je sais que dans les semaines et les mois qui viennent, vous verrez reculer le chômage dans notre pays", a-t-il poursuivi, disant croire à la politique économique mise en oeuvre par le gouvernement.

"Pourquoi y a-t-il plus de chômeurs chez nous ?", a-t-il encore lancé. "Parce qu'on a fait le choix du partage du travail au lieu de celui de la croissance". Pour M. Sarkozy, il faut "permettre aux gens de travailler davantage" pour retrouver de la croissance.

Les chômeurs en fin de droits
Concernant le million de chômeurs qui devraient arriver en fin de droits cette année, le président a assuré que "personne ne sera abandonné" mais a précisé qu'il pense "profondément que la France n'a pas besoin d'assistanat". "Le problème de la France c'est de travailler plus, pas de travailler moins", a-t-il insisté.

La question des régionales et de la présidentielle

Concernant les élections régionales de mars, et tout en souhaitant la victoire de son camp, le président a annoncé qu'il ne s'impliquerait pas. "Le rôle du président n'est pas de faire campagne pour les présidents de région". "Ce n'est par le rôle ni la place du président de la République" a t-il ajouté.

Quant à ses intentions sur un éventuel second mandat, Nicolas Sarkozy a indiqué qu'il déciderait "le moment venu" s'il se présentait à nouveau en 2012 à la présidentielle.

Le président tacle Renault
"La stratégie de Renault ces dix dernières années je ne l'accepte pas", a déclaré Nicolas Sarkozy au sujet des délocalisations et de la sous-traitance. Le chef de l'Etat a notamment appelé Renault à inverser la proportion de deux tiers de sous-traitants étrangers auxquel il fait appel aujourd'hui.

"Si nous avons décidé d'aider Renault ce n'est pas pour que Renault continue les délocalisations" a-t-il déclaré, tout en revendiquant l'engagement du constructeur à maintenir en France une partie de la production de la future Clio 4.

Le débat sur l'identité nationale
Le chef de l'Etat a défendu le bien-fondé du débat très controversé sur l'identité nationale, comparant la nation à "une famille" dans laquelle on doit exprimer "ce qui va et ce qui ne va pas" sous peine de créer "un fossé"."Quand on se réveille dix ans plus tard, c'est trop tard", a-t-il estimé, refusant de voir dans ce débat "un problème".

Le président se rendra en Martinique, Guyane et Haïti
Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il se rendrait "très bientôt" en Martinique et en Guyane "pour envisager avec eux la suite du processus", après les referendum qui ont vu la victoire du oui à une collectivité unique. "A cette occasion, je me rendrai très probablement en Haïti", a-t-il ajouté.

Les réactions à chaud dans Mots Croisés sur France 2

Yves Calvi reçoit Xavier Bertrand, Secrétaire général de l'UMP, Laurent Fabius, ancien Premier ministre, Laurence Parisot, présidente du Médef, François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, Yves Threard, directeur adjoint de la rédaction du Figaro et Thomas Legrand, éditorialiste à France Inter.

> Le site de Mots Croisés

Si la majorité a salué l'intervention du chef de l'Etat, la gauche a critiqué l'absence de solutions concrètes

La droite applaudit
Le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand a estimé lundi soir, lors de l'émission "Mots Croisés" sur France 2, que Nicolas Sarkozy avait montré que ses "priorités", notamment l'emploi, étaient "les mêmes que celles des Français".

"Les réformes de l'année 2010, ce soir, ont été encore une fois précisées" par le président de la République, a-t-il ajouté, citant notamment la "question fondamentale" des retraites, celle de la "dépendance" et "l'action en faveur des entreprises" qui est "une action en faveur de l'emploi".

La gauche fustige les annonces en cascade

Pour le député PS Jean-Christophe Cambadélis, "il n'y a pas de quoi être époustouflé par la prestation du président de la République". "Il se voulait sympathique voire didactique. Il a surtout été fuyant, incapable de donner un sens global et surtout il n'a indiqué aucune solution pour sortir de la crise. Et il est peu probable que les Français se laissent duper par cette fausse convivialité".

Martine Aubry (PS), qui a réagit mardi soir, a jugé "inquiétant" que Nicolas Sarkozy "n'apporte pas de solutions" aux Français lors de sa prestation de lundi. Elle l'a jugé "en panne de réponses", "en grand décalage".

Selon le porte-parole du NPA, Olivier Besancenot "C'était la parole du président de la République plutôt que la parole des Français". "Des annonces en cascade de tous les mauvais coups qui nous attendent après les régionales: retraites, santé, services publics". M. Sarkozy "a raconté sa compassion à tous ceux qui sont victimes de sa politique" a-t-il déclaré lançant "un appel à la résistance sociale et politique".

Même tonalité du côté du porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles : "Ce soir, dans une émission pourtant calibrée pour le relancer à mi-mandat", M. Sarkozy "a perdu tout crédit". "Aux affaires depuis 2002, comme l'un des principaux ministres puis comme chef de l'Etat, ce soir le roi était nu". "Que lui reste-t-il pour assouvir sa soif de médias : s'inscrire au prochain concours de l'Eurovision pour interpréter "paroles, paroles paroles".

Jean-Michel Baylet (PRG) : M. Sarkozy "s'entête dans ses choix alors que les services publics se dégradent et que la crise sociale s'accentue". Le chef de l'Etat a "essayé d'endormir les Français à la veille des élections régionales en donnant l'impression qu'il mène la seule politique possible, et que les sacrifices qui doivent être consentis par les plus modestes sont indispensables".

Le MoDem n'est pas convaincu...

"Le superprésident a voulu jouer tous les rôles: celui du président, du Premier ministre, des ministres et du chargé de la communication, le tout dans la compassion, mais sans tracer de perspective claire", a commenté l'eurodéputé MoDem Robert Rochefort, estimant qu'au final la prestation présidentielle n'était "pas crédible" et avait également fait preuve de "démagogie" .

"La plus belle chose de l'émission, c'était les Français: agriculteur, ouvrier, infirmière, retraité ou bac+5... un bon panel qui montrait bien la situation dans laquelle se trouve aujourd'hui le pays" a-t-il ajouté.

...les Verts, non plus
Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, a dénoncé le "discours faussement paternaliste qui tourne à vide" de Nicolas Sarkozy qui s'agite" au lieu d'agir.

"Malgré quelques moments où il a paru en difficulté face aux problèmes d'un quotidien qui ressemble à travailler plus ou plus du tout, pour de toute façon gagner moins, Nicolas Sarkozy n'a pas fait autre chose qu'un diagnostic. Et de renvoyer les solutions à un avenir que lui seul connaît", a-t-elle fait valoir.

Sondage à la prestation de Sarkozy

Une large majorité de Français (69%) ayant vu en totalité l'intervention de Nicolas Sarkozy lundi soir à TF1 a estimé que le chef de l'Etat avait été "convaincant", 31% pensant le contraire, selon un sondage CSA pour le Parisien à paraître mercredi.

Parmi ceux qui ont vu "en partie" l'intervention présidentielle, 48% ont estimé que Nicolas Sarkozy avait été convaincant, tandis que 50% ont pensé le contraire et 2% ne se sont pas prononcés.

Au total, 57% des personnes ayant vu l'intervention (soit en totalité ou en partie) ont trouvé le chef de l'Etat convaincant, et 41% ont pensé le contraire, 1% ne se prononçant pas.

Sondage réalisé par téléphone le 26 janvier auprès d'un échantillon national représentatif de 805 personnes âgées de 18 ans et plus (méthode des quotas).

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