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Le bureau de Carlos Ghosn perquisitionné dans l'affaire "des faux espions" de Renault

Le juge d'instruction Hervé Robert a perquisitionné, mercredi, dans le bureau du PDG du constructeur, à Boulogne-Billancourt. FTVi fait le point sur le dossier.

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France Télévisions
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Le PDG de Renault, Carlos Ghosn, le 12 septembre 2011, à l'usine de Maubeuge (Nord).  (FRANCOIS LO PRESTI / AFP)

Des perquisitions ont eu lieu, mercredi 16 novembre, dans le bureau du PDG de Renault Carlos Ghosn, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), indique une porte-parole du juge d'instruction Hervé Robert, vendredi 18 novembre. Celui-ci ainsi que les enquêteurs de la police judiciaire et de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) agissent dans le cadre de l'affaire des faux espions de Renault. 

Ces perquisitions se sont déroulées "y compris dans les bureaux de la direction générale" et notamment dans "le bureau de l'assistante de Carlos Ghosn", selon cette porte-parole. Hervé Robert s'est rendu début juillet dans des locaux du constructeur au Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine) pour y consulter des documents.

FTVi revient sur cette affaire de faux espionnage.

Qui sont les vrais faux espions de Renault ?

En janvier, trois cadres hauts placés employés par le constructeur automobile ont été licenciés pour "espionnage industriel". Michel Balthazard, Matthieu Tenenbaum et Bertrand Rochette étaient suspectés de fournir des secrets industriels sur les projets de voiture électrique à la Chine. Ils ont ensuite été blanchis par le constructeur automobile. "Je me suis trompé, nous nous sommes trompés et d'après les conclusions que nous avons entendues du procureur de Paris, il semble que nous ayons été trompés", a alors reconnu le PDG de Renault, Carlos Ghosn. 

Matthieu Tenenbaum a retrouvé son emploi chez Renault en mai. En revanche, Bertrand Rochette et Michel Balthazard ont refusé de réintégrer le groupe. Tous les trois ont reçu des indemnités.

Comment l'affaire a viré au fiasco pour Renault ?

Alors que la DCRI ne trouve pas la moindre preuve contre les trois salariés, Renault affirme que toute cette affaire pourrait en fait être une opération de manipulation ou de déstabilisation.

En mars, le responsable de la sécurité du constructeur à l'origine des accusations d'espionnage a été mis en examen pour "escroquerie en bande organisée". Il est soupçonné d'avoir fait accuser d'espionnage industriel les trois cadres à tort. L'enquête établit donc que l'histoire a été montée de toutes pièces par le service interne de sécurité du groupe automobile français.

Quelles conséquences au sein du groupe ?

L'affaire a coûté sa place au numéro deux du groupe, Patrick Pélata, remplacé par Carlos Tavares. Trois responsables de la sécurité du groupe ont été débarqués : Rémi Pagnie, directeur de la protection et de la sécurité du groupe ainsi que deux de ses collaborateurs, Dominique Gevrey, mis en examen, et Marc Tixador. 

Trois autres dirigeants ont été relevés de leurs fonctions : Jean-Yves Coudriou, directeur des cadres dirigeants, Christian Husson, directeur juridique, et la secrétaire générale du groupe, Laurence Dors. Quant au patron de Renault, Carlos Ghosn, il a annoncé qu'il renonçait à ses bonus "comme tous les cadres dirigeants qui ont eu à traiter de l'affaire".

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