Le budget de l'armée française expliqué en trois graphiques

Alors que le coût des opérations militaires extérieures a augmenté depuis 2007, la Défense, troisième poste budgétaire dans l'Hexagone, voit ses moyens reculer au fil des ans.

Des soldats français partent en opération militaire en Afghanistan le 24 septembre 2012.
Des soldats français partent en opération militaire en Afghanistan le 24 septembre 2012. (JEFF PACHOUD / AFP)

Les militaires l'attendaient au tournant, François Hollande a cherché à les apaiser. Le président de la République a affirmé lundi 2 juin, lors d'un conseil de Défense, que "les engagements financiers" de la loi de programmation militaire (LPM) couvrant la période 2014-2019 seraient tenus. Il a toutefois réclamé au gouvernement "des propositions pour améliorer la gestion des matériels et projets" dans ce qui représente le troisième poste budgétaire de l'Etat, derrière l'Education et la dotation aux collectivités locales.

En filigrane : la recherche d'économies supplémentaires sur le budget de la Défense. L'armée craignait de se voir imposer dès à présent de nouvelles coupes budgétaires après celles entérinées dans la LPM, qui prévoyait déjà, entre autres, une réduction des effectifs de 34 000 militaires en six ans. Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, s'en était personnellement inquiété auprès de l'Elysée. Pour mieux comprendre le cadre budgétaire dans lequel évoluent les armées françaises, francetv info résume les principales données à connaître en trois graphiques.

Un budget en baisse depuis vingt ans

Sur le budget global de la Défense, le constat est clair : les dépenses, exprimées dans ce graphe en pourcentage du PIB, ont inexorablement baissé au cours de ces vingt dernières années. 

 Le coût croissant des opérations extérieures

Entre l'intervention en Libye de 2011 (368 millions d'euros) et l'envoi de troupes au Mali en 2013 (646 millions d'euros), le budget des opérations extérieures de l'armée a doublé en à peine six ans. Il est ainsi passé de 663 millions d'euros en 2007 à plus de 1,25 milliard en 2013.  

En cause notamment, les frais relatifs à la formation des troupes militaires afghanes à l'approche du départ des Français ainsi que l'intervention en Libye pour y déloger le dictateur Mouammar Kadhafi et l'opération militaire Sangaris au Mali, l'une des plus coûteuses de ces dernières années. Ce graphique superpose les dépenses militaires de la France à l'étranger, en fonction du lieu d'opération.

Des dépenses comparables à celles des grandes nations 

La France reste, malgré tout, l'un des pays qui consacre le plus d'argent à son armée. En 2013, l'Hexagone figurait à la sixième place mondiale en termes de dépenses militaires, derrière les Etats-Unis, la Chine, la Russie, le Royaume-Uni et le Japon. Et à peu près dans la moyenne mondiale en termes de dépenses en pourcentage de son PIB. 

Notons néanmoins qu'à dépense comparable, la France est davantage intervenue à l'étranger que les Britanniques et l'Allemagne réunis. Les opérations extérieures pèsent donc particulièrement lourd dans le budget de la Défense. La France dispose par ailleurs de près de 228 000 militaires, contre un peu moins de 170 000 soldats pour le Royaume-Uni.