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Le 64e congrès du principal syndicat agricole, la FNSEA, s'est terminé jeudi sur un constat accablant

"Sur le plan économique, nous vivons un désastre, sur le plan financier, nous vivons une faillite, sur le plan social, nous vivons en citoyens de seconde zone, sur le plan environnemental, nous vivons en accusés permanents", a lancé le président de la FNSEA."Monsieur le ministre, cela suffit. Nous en avons ras le bol!", a ajouté J.-M. Lemétayer.
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Jean-Michel Lemetayer, président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), (AFP/JEFF PACHOUD)

"Sur le plan économique, nous vivons un désastre, sur le plan financier, nous vivons une faillite, sur le plan social, nous vivons en citoyens de seconde zone, sur le plan environnemental, nous vivons en accusés permanents", a lancé le président de la FNSEA.

"Monsieur le ministre, cela suffit. Nous en avons ras le bol!", a ajouté J.-M. Lemétayer.

Le dirigeant syndical s'est exprimé sur un ton très offensif peu coutumier chez lui, en présence du ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire. La FNSEA s'efforce de remobiliser ses troupes face aux discours plus radicaux d'autres organisations.

Les revenus des agriculteurs ont baissé de plus d'un tiers en 2009, après avoir déjà diminué de 20% l'année précédente.

Jean-Michel Lemétayer a ensuite évoqué le dossier de l'environnement, sensible chez les agriculteurs, se félicitant une fois de plus de l'abandon de la taxe carbone. Il a dénoncé "l'arrogance, les certitudes, le mépris des représentants de mouvements associatifs et environnementalistes de tout poil !".

Il a aussi demandé d'en finir avec les débats "comme ceux du haut conseil des biotechnologies (OGM notamment) où les dés sont pipés et où le sectarisme l'emporte sur la raison".

Le dirigeant syndical s'en est pris aux "'y'a qu'à faut qu'on' de bobos ou de militants pétris de certitudes et qui ne représentent souvent qu'eux-mêmes".

"Si le débat est tronqué, si développement durable rime avec décroissance et désertification des campagnes, je vous le dis tout net, Grenelle ou pas Grenelle, le débat se fera sans la FNSEA", a prévenu le syndicaliste.

Sur le dossier de la politique agricole commune (PAC), tout en se félicitant de la position du président de la République qui s'est récemment dit "prêt" à une "crise en Europe" plutôt que d'accepter le "démantèlement" de la PAC, il a tenu à mettre en garde le ministre.

"Nous attendons des actes. Sachez que nous serons mobilisés derrière lui (le chef de l'Etat), derrière vous... pour vous empêcher de reculer", a poursuivi M. Lemétayer sous les applaudissements nourris de l'assemblée.

"Les paysans sont en demande de visibilité et de réponses concrètes face à leurs difficultés croissantes", a-t-il expliqué, sinon "le risque est fort de se réfugier dans la démagogie et le poujadisme".

"Ne nous racontez pas d'histoires! pas de faux espoirs", a-t-il averti.

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