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Le 1er-Mai, qu'est-ce que c'est ?

La fête du Travail version 2012 risque d'être plus politique qu'à l'accoutumée. FTVi revient sur l'origine de ce jour férié.

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France Télévisions
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Les responsables du Parti communiste, dont Georges Marchais (quatrième en partant de la droite), participent au défilé de la CGT lors de la manifestation du 1er-Mai à Paris, le 1er mai 1982. (PIERRE GUILLAUD / AFP)

Les rues de Paris vont être bien encombrées, ce mardi 1er mai. Pas moins de trois rassemblements sont organisés dans la capitale, et tous auront un caractère politique, à cinq jours du second tour de l'élection présidentielle. 

L'UMP organise ainsi sa "vraie fête du travail" place du Trocadéro, le FN sa "fête de Jeanne d'Arc" de la place du Palais-Royal à la place de l’Opéra, et les syndicats, accompagnés de militants de gauche, défileront de la place Denfert-Rochereau à la place de la Bastille.

FTVi revient sur l'histoire de ce jour si disputé.

• 1890, le "premier 1er-Mai"

L'organisation du premier défilé a été décidée en 1889 à Paris, à l'occasion de l'exposition universelle lors de laquelle a été inaugurée la tour Eiffel. "Les organisations ouvrières de plusieurs pays d’Europe décident [alors] d’un mouvement commun pour obtenir une législation en faveur de la journée de 8 heures", explique à Libération.fr Danielle Tartakowsky, professeure d’histoire contemporaine à l’université Paris-VIII et auteure de La part du rêve : histoire du 1er Mai en France.

Le premier mouvement, international, a lieu un an plus tard, en 1890. Le 1er-Mai n'est alors pas un jour férié, et les travailleurs qui souhaitent défiler pour la journée de 8 heures doivent se déclarer en grève. L'évènement fédère alors "quelques centaines" de personnes en France, selon l'historienne.

L'année suivante est elle aussi fondatrice pour ce mouvement. En 1891, à Fourmies (Nord), l'infanterie appelée par la mairie tire sur des grévistes, tuant neuf d'entre eux et en blessant trente-cinq. Lors des défilés suivants, les syndicats commémoreront leur mémoire tout en affichant leurs revendications. 

• 1937, le mouvement devient massif

En mai 1936, la France est en pleine période d'élections législatives, qui verront le Front populaire accéder au pouvoir. Du coup, malgré un fort mouvement de grève partout en France, "la CGT demande qu’il n’y ait pas de rassemblement le 1er mai, afin de ne pas interférer avec les élections", explique Danielle Tartakowsky.

En revanche, l'année suivante, le défilé prend une tout autre ampleur. Selon l'historienne, les organisateurs revendiquent alors un demi-million de travailleurs dans les rues.

• 1941, Pétain rend le 1er-Mai férié

Sous l'Occupation, le maréchal Pétain tente de s'attribuer cette journée. L'Etat français promulgue ainsi le 12 avril 1941 une loi "instituant le 1er mai, jour férié, fête du travail et de la concorde sociale".

Mais dans les faits, l'opération, à laquelle il tente d'ajouter une dimension folkloriste, n'est pas un franc succès, selon Danielle Tartakowsky. "Cela marche assez mal et illustre l'échec de Pétain à s’ancrer dans l’histoire. En outre, la France est occupée par l’Allemagne, qui exige une importante production industrielle. Le 1er-Mai ne peut donc pas être complètement chômé", détaille l'historienne. Après la guerre, en 1948, une nouvelle loi entérinera le caractère "férié et chômé" du 1er-Mai.

• 1988, le FN investit le terrain

A partir de 1988, en plein entre-deux-tours de l'élection présidentielle, le Front national décide de célébrer le souvenir de Jeanne d'Arc en défilant dans les rues de Paris. Après une messe en latin à la mémoire de la Pucelle d'Orléans, Jean-Marie Le Pen appelle à faire barrage à François Mitterrand, sans toutefois donner de consigne de vote en faveur de Jacques Chirac.

Depuis, le parti d'extrême droite organise chaque année un rassemblement ce jour-là.

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