Cet article date de plus de dix ans.

La reconnaissance du suicide d'un salarié de Renault comme accident du travail a été confirmée en appel jeudi

La cour d'appel de Versailles a relevé que Raymond D, qui est mort en février 2007, souffrait "à l'évidence" d'un "stress professionnel intense.Ce technicien du Technocentre Renault de Guyancourt (Yvelines), âgé de 38 ans, s'était pendu chez lui en laissant une lettre où il mettait en cause son travail.
Article rédigé par
France Télévisions
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Vue de l'entrée du batiment Développement et Projets du Technocentre Renault, à Guyancourt (Yvelines). (AFP - Medhi Fedouach)

La cour d'appel de Versailles a relevé que Raymond D, qui est mort en février 2007, souffrait "à l'évidence" d'un "stress professionnel intense.

Ce technicien du Technocentre Renault de Guyancourt (Yvelines), âgé de 38 ans, s'était pendu chez lui en laissant une lettre où il mettait en cause son travail.

Les supérieurs hiérarchiques du salarié "ont constaté que celui-ci était très affaibli et surtout évoquait pour la première fois son incapacité à résoudre des points techniques mineurs, malgré l'aide apportée (...), tous éléments traduisant à l'évidence un stress professionnel intense", selon l'arrêt de la cour.

"L'accident du travail est reconnu en raison de l'absence de contrôle des horaires de travail et de la charge de travail, qui étaient tous deux excessifs", a déclaré Me Emmanuelle Boussard-Verecchia, l'avocate de la famille du salarié.

Raymond D. avait laissé une lettre où il écrivait: "Je ne peux plus rien assumer, ce boulot c'est trop pour moi, ils vont me licencier et je suis fini." Il était le troisième salarié du Technocentre à se suicider en quatre mois. Ces suicides, suivis par d'autres cas, avaient soulevé un débat sur la souffrance au travail chez PSA Peugeot-Citroën.

L'arrêt de la cour d'appel, "c'est la reconnaissance de la situation dans laquelle se trouvait Raymond; il était surengagé sur le projet Laguna, qui était un des trois enjeux du contrat 2009 martelé par (le PDG de Renault, ndlr) Carlos Ghosn, donc il y avait beaucoup de pression", a dit Christophe Delaine, délégué syndical Sud. "Aujourd'hui, rien n'a changé. En surface, la direction a tenté de maquiller la souffrance au travail mais la pression reste là", a-t-il dénoncé.

En mars 2010, le tribunal des affaires de Sécurité sociale (Tass) de Versailles avait déjà estimé que le suicide à son domicile de Raymond D. était "survenu par le fait du travail".

Il y a trois semaines, la cour d'appel avait déjà reconnu une faute inexcusable de Renault dans le suicide d'Antonio B., qui s'était jeté d'une passerelle du Technocentre en octobre 2006.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers France

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.