La rafle du Vel d'Hiv ? Connais pas...

Selon un sondage CSA, une majorité des moins de 35 ans ignore que la rafle du Vel d'Hiv, qui s'est produite il y a 70 ans tout juste, renvoie à la déportation de Juifs arrêtés à Paris sous l'occupation.

Commémoration de la rafle du Vel d\'Hiv, le 16 juillet 1956, à Paris.
Commémoration de la rafle du Vel d'Hiv, le 16 juillet 1956, à Paris. (AFP)

Soixante-dix ans après les faits, les souvenirs semblent s'estomper. Selon un sondage CSA paru lundi 16 juillet, une majorité des moins de 35 ans ne sait pas ce qu'est la rafle du Vel d'Hiv, qui conduisit à la déportation de plus de 13 000 Juifs arrêtés à Paris par la police française, le 16 et 17 juillet 1942.

D'après cette enquête d'opinion, 67% des 15-17 ans, 60% des 18-24 ans et 57% des 25-34 ans répondent "non" à la question : "Avez-vous déjà entendu parler de la rafle du Vel d'Hiv ?". Leurs aînés ne sont pas beaucoup plus informés : 25% des plus de 65 ans n'en ont jamais entendu parler. En moyenne, 42% des personnes interrogées ont répondu "non" à cette question.

"Moins d'un tiers des étudiants français savent que c'est la police française qui a procédé à la rafle du Vel d'Hiv (32%), et moins de la moitié des Français dans leur ensemble (46%)", souligne l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), qui a commandé ce sondage. Pour ceux qui en ont entendu parler, c'est en premier lieu par des films et documentaires (87%), loin devant leur entourage (53%), l'école (49%) et Internet (21%).

"Sa transmission est un acte pédagogique"

La commémoration des 70 ans de la rafle du Vel d'Hiv aura lieu lundi 16 juillet devant l'ancien camp d'internement de Drancy (Seine-Saint-Denis) et se poursuivra dimanche 22 juillet à Paris, sur les lieux de l'ancien Vélodrome d'Hiver, détruit en 1959, en présence du président de la République François Hollande. Cette rafle tire son nom du Vélodrome d'Hiver, un stade près de la Seine (XVème arrondissement), où 13 152 Juifs étrangers ont été arrêtés puis déportés. A peine une centaine ont survécu.

"Cet événement est crucial dans la conscience nationale", fait valoir le président de l'UEJF, Jonathan Hayoun. "Sa transmission comporte un acte pédagogique dans la lutte contre toutes les formes de haine. Face à ceux qui veulent jouer la concurrence des mémoires, il est important de rappeler que les leçons de l'histoire de la Shoah sont universelles, et prennent tout leur sens dans le climat de recrudescence de l'antisémitisme", a-t-il complété. L'UEJF réclame ainsi que "la lutte contre le racisme et l'antisémitisme" devienne "une grande cause nationale".

Sondage réalisé par l'institut CSA les 4 et 5 juillet 2012 auprès de 1 056 Français selon la méthode des quotas.