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La préfecture de Haute-Garonne a rappelé lundi qu'elle avait mis l'entreprise de démolition Gerlero en demeure le 10 mai

Elle avait stocké à ciel ouvert 500 tonnes de déchets amiantés. Son patron a assuré lundi qu'il les ferait évacuer d'ici à mi-juillet, malgré ses difficultés financières.L'affaire a éclaté après que 5 des 15 salariés, qui dénoncent depuis la fin 2010 le stockage de longue date sur le site de Saint-Alban, ont fait valoir leur droit de retrait jeudi.
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Stockage de déchets amiantés par l'entreprise Gerlero, le 28 mai 2011 à Saint-Alban, en banlieue de Toulouse. (AFP/PASCAL PAVANI)

Elle avait stocké à ciel ouvert 500 tonnes de déchets amiantés. Son patron a assuré lundi qu'il les ferait évacuer d'ici à mi-juillet, malgré ses difficultés financières.

L'affaire a éclaté après que 5 des 15 salariés, qui dénoncent depuis la fin 2010 le stockage de longue date sur le site de Saint-Alban, ont fait valoir leur droit de retrait jeudi.

La CGT, qui a dénoncé les faits en fin de semaine dernière, a souligné que trois autres salariés étaient en arrêt maladie. Le syndicat compte déposer cette semaine une plainte auprès du parquet de Toulouse pour "mise en danger de la vie d'autrui", a réaffirmé lundi un responsable du syndicat local de la construction CGT.

A l'arrière de l'entreprise, à environ 5 kilomètres de Toulouse, tout près de l'autoroute, dans une zone de stockage à l'air libre en bordure d'un champ de céréales et d'un camp de gens du voyage, de nombreuses plaques grises et de gros sacs sont entassés, a constaté un journaliste de l'AFP.

Des salariés de l'agence Réseau pro (groupe Wolesey, distribution de bois et matériaux), qui n'est séparée de Gerlero que par un grillage, envisagent aussi de faire valoir leur droit de retrait, a déclaré leur délégué CGT Mohammed Kassimi.

L'entreprise promet d'agir
Thierry Gerlero, fils du propriétaire et gérant de l'entreprise, assure de sa "bonne foi". Il explique que l'entreprise "est tombée dans une violente crise économique à la fin 2008" et qu'elle a peu à peu laissé s'accumuler chez elle des panneaux de fibro-ciment démontés chez des clients qu'elle aurait dû évacuer, en payant, vers des centres d'enfouissement agréés. Il assure cependant que l'entreprise a seulement stocké "des panneaux non friables contenant 2% d'amiante" et qu'il aurait les résultats d'une analyse de l'air mercredi pour rassurer le voisinage et les salariés, qui ne veulent plus entrer sur le site.

"Une entreprise agréée devrait intervenir dans une grosse quinzaine sous le contrôle de la caisse d'assurance maladie et de l'inspection du travail", a-t-il assuré avant de conclure: "Cela représente 17 à 18 semi-remorques à évacuer, on devrait finir à la mi-juillet" Il évalue le coût de l'opération à 200.000 euros, soit environ 2 mois et demi de chiffre d'affaires.

Gerlero est en redressement judiciaire depuis deux semaines, et le tribunal de commerce a prescrit "un plan de poursuite de l'exploitation avec recapitalisation", selon le gérant.

Mise en demeure de la préfecture
La préfecture a publié un communiqué soulignant que sa "mise en demeure" imposait à l'exploitant "de cesser l'apport de nouveaux déchets sur le site", de "stocker sous un mois, avant élimination, les déchets dans les conditions prévues par le code de l'environnement" et "d'éliminer sous trois mois les déchets dangereux et non dangereux sur le site dans des installations autorisées à cet effet".

Le procureur de la République de Toulouse Michel Valet a confirmé qu'il avait été saisi par les services de l'Etat et avait décidé d'ouvrir une enquête le 18 mai. L'enquête, qui pourrait prendre quelques mois, a été confiée à la gendarmerie et à l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique. La plainte éventuelle de la CGT devrait y être jointe, a ajouté le procureur.

Le quotidien la Dépêche du Midi, qui a évoqué l'affaire samedi, a rapporté les constatations de l'organisme de certification Qualibat sur la présence de "400 à 500 tonnes de déchets amiantés stockés à l'air libre dans un état de dégradation avancée". Il cite aussi un rapport de contrôleurs du ministère du travail de février 2011, sévère sur les conditions de travail des salariés "équipés de protections individuelles non appropriées".

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