La police a délogé jeudi une centaine de Roms qui occupaient les pelouses de la porte d'Aix, à l'entrée de Marseille

L'intervention a été rendue possible par l'arrêté d'expulsion pris lundi par la mairie de Marseille et validé par le tribunal administratif.L'évacuation a débuté dans le calme à 6h15, a précisé à l'AFP Bernard Eynaud, responsable de la Ligue des droits de l'Homme (LDH) dans les Bouches-du-Rhône, présent sur place.

Une famille de Roms à Marseille, le 4 août 2011.
Une famille de Roms à Marseille, le 4 août 2011. (CITIZENSIDE / GEORGES ROBERT)

L'intervention a été rendue possible par l'arrêté d'expulsion pris lundi par la mairie de Marseille et validé par le tribunal administratif.

L'évacuation a débuté dans le calme à 6h15, a précisé à l'AFP Bernard Eynaud, responsable de la Ligue des droits de l'Homme (LDH) dans les Bouches-du-Rhône, présent sur place.

Une trentaine d'enfants figurent parmi les Roms qui s'étaient installés sur le site.

Une cinquantaine de CRS et une vingtaine de policiers en civil, notamment de la police de l'air et des frontières (PAF), se sont disposés tout autour des espaces verts de la porte d'Aix, encerclant les familles Roms, leur demandant de quitter les lieux et procédant à des contrôles d'identité, ont décrit Bernard Eynaud et un photographe de l'AFP.

Une centaine de policiers (compagnie de CRS, policiers de la sûreté départementale, de la Paf et de la sécurité publique) ont participé à cette opération, a détaillé une source proche de l'enquête, précisant qu'une dizaine de Tunisiens en situation irrégulière avaient été interpellés. "Je pense qu'ils (les Roms: NDLR) vont traverser et s'installer sur le trottoir d'en face si la police les laisse faire parce qu'ils n'ont nulle part où aller", a ajouté Bernard Eynaud, jugeant la situation "glauque et écoeurante".

Une porte-parole de la mairie de Marseille a indiqué mercredi soir que, "comme à chaque fois, des propositions d'hébergement notamment au centre de la Madrague, seraient faites par le Samu social". "Jusqu'à présent, elles ont été à chaque fois refusées", a-t-elle ajouté.

"Il s'agit de places dans des centres pour SDF ou personnes désocialisées, ce qui n'est pas du tout le cas des Roms qui vivent en famille. De plus, ces endroits ne sont pas adaptés pour les femmes et les enfants", a expliqué Bernard Eynaud.

Délogés de squats, les Roms occupaient depuis un mois les pelouses "dans des conditions d'indignité, d'une extrême précarité, d'insécurité et d'insalubrité, sans eau ni sanitaires", selon le maire UMP Jean-Claude Gaudin. "Considérant que cette occupation (était) de nature à générer un trouble grave à l'ordre public qui s'accentue chaque jour", la ville a donc ordonné "l'évacuation sans délai des espaces verts et autres espaces publics situés à la Porte d'Aix" précise le maire.

"Ces gens-là, il y en a trop dans cette ville, nous souhaitons qu'ils aillent ailleurs", avait déclaré Jean-Claude Gaudin vendredi.

"Le tribunal administratif a validé l'arrêté. En gros, ils ont 24 heures pour déguerpir une fois que la décision leur sera notifié", avait déclaré mardi Bernard Eynaud, responsable de la Ligue des droits de l'Homme (LDH) dans les Bouches-du-Rhône. "C'est désespérant, l'expulsion est la seule réponse politique apportée par la ville, c'est une fuite en avant", a-t-il encore commenté.

Dans un communiqué, le groupe des élus Front de Gauche au conseil régional s'est indigné de cette décision: "au lieu de dépenser du temps et de l'énergie à chercher un lieu où ces familles pourraient se stabiliser dans des conditions décentes de vie (...) les autorités se mobilisent... pour les chasser, les traquer, les renvoyer toujours un peu plus loin."

Un an après le lancement d'une politique de démantèlement de leurs camps, les expulsions de Roms se poursuivent en France et leur précarité s'aggrave, sans pour autant diminuer leur nombre, selon un récent rapport de Médecins du monde.

Médecins du Monde avait dénoncé fin juillet à Marseille "le harcèlement policier" dont sont victimes les Roms dans la cité phocéenne, appelant à un "moratoire des expulsions" et à l'arrêt de ce harcèlement.

L'arrêté municipal est intervenu quelques jours après une réunion en urgence des autorités de la ville, précipitée par l'intérêt médiatique pour l'affaire d'un parking sauvage situé au beau milieu du quartier de la Porte d'Aix.

Abandonné par Vinci, l'espace de stationnement, propriété de la communauté urbaine de Marseille, avait été repris en main par des individus qui faisaient payer les automobilistes.