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La pièce de théatre de Romeo Castellucci a été interrompu jeudi soir par des membres de l'InstitutCivitas.

La pièce est jouée au Théâtre de la Ville à Paris. Dans un communiqué diffusé samedi, le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand a condamné l'acte de ces fondamentalistes chrétiens.
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La représentation de la pièce "Sur le concept du visage du fils de Dieu"  à Avignon. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

La pièce est jouée au Théâtre de la Ville à Paris. Dans un communiqué diffusé samedi, le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand a condamné l'acte de ces fondamentalistes chrétiens.

"Ces perturbations portent atteinte à un principe fondamental de liberté d'expression protégé par le droit français", a réagi Frédéric Mitterrand en soulignant que la justice avait débouté une association (l'Alliance contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne (Agrif)) qui demandait l'annulation du spectacle.

"Rechristianiser la France"

Les membres font parti de l'InstitutCivitas (pour une cité catholique) qui revendique "une œuvre de reconquête politique et sociale visant à rechristianiser la France." Sur leur site Internet, les membres de l'InstitutCivitas disent "répondre à la christianophobie ambiante". En avril, ce groupe s'était déjà attaqué à des photographies de l'artiste américain Andres Serrano à Avignon dont le fameux Immersion Piss Christ. L'artiste avait d'ailleurs réagi à ces dégradations.

L'administrateur du Théâtre de la Ville, Michael Chase, a précisé que des "militants de la mouvance intégriste chrétienne avaient distribué des tracts à l'extérieur du théâtre avant d'interrompre la pièce (qui a repris plus tard) en montant sur scène, chantant et dénonçant par des pancartes la +christianophobie+". Ils ont été "délogés par la police" à la demande du théâtre. Auparavant, selon M. Chase, des membres de l'Action française (royalistes et nationalistes) avaient tenté de pénétrer en force dans le théâtre. Vendredi, en dépit d'un dispositif de sécurité renforcé, deux militants de la mouvance intégriste chrétienne ont récidivé, selon lui, en jetant "des oeufs et de l'huile de vidange" sur le public qui voulait entrer dans le théâtre.

La pièce, présentée au festival d'Avignon, met en scène un père et son fils affrontant ensemble la déchéance de l'âge, sous le regard d'un portrait géant du Christ peint par Antonello de Messine, "des scènes qui peuvent être choquantes mais aucunement une attaque contre la religion", selon M. Chase.

L'InstitutCivitas qui prône "la restauration de la royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ" s'oppose également à une autre pièce de théâtre, programmée dans le cadre du festival d'automne à Paris "Golgota Picnic" de l'Espagnol Rodrigo Garcia, une violente attaque contre la société de consommation et l'aliénation sociale, thèmes chers à l'auteur qui dénonce un monde désolidarisé.

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